En Allemagne, les libéraux envisagent de quitter le gouvernement après une série de défaites électorales
Après une série de mauvais résultats aux élections régionales, le parti libéral-démocrate allemand (FDP, Renew), emmené par le ministre des Finances Christian Lindner, pourrait envisager de quitter le gouvernement de coalition.
Après une série de mauvais résultats aux élections régionales, le parti libéral-démocrate allemand (FDP, Renew), emmené par le ministre des Finances Christian Lindner, pourrait envisager de quitter le gouvernement national. Surtout si le mouvement ne parvient pas à s’entendre avec le reste de la coalition « en feu tricolore ».
Le FDP n’a pas réussi à remporter un seul siège lors des élections régionales du mois de septembre dans les trois régions de l’est de l’Allemagne, à savoir le Brandebourg, la Thuringe et la Saxe.
En effet, le scrutin du 22 septembre dans le Brandebourg a marqué une nouvelle défaite pour le FDP. Le parti n’a convaincu que 0,8 % des électeurs du Land, provoquant la frustration des responsables du mouvement. Dans ces conditions, ces derniers ont remis en question leur participation au gouvernement de coalition du pays, dirigé par le chancelier Olaf Scholz (Parti social-démocrate allemand, S&D), où le FDP apparaît dès lors comme un partenaire de second rang.
« Une chose est claire : tout le monde doit faire preuve de courage », a déclaré Christian Lindner aux journalistes à Berlin lundi 23 septembre.
« Soit le courage de travailler au sein d’une coalition controversée si de bonnes choses peuvent être réalisées pour le pays. Mais (…) le courage, c’est aussi quand on atteint les limites du possible et qu’on ne répond pas aux attentes et aux exigences du pays. Le courage, c’est alors d’enclencher une nouvelle dynamique », a-t-il ajouté.
La décision du FDP de quitter la coalition dépendrait aussi de la capacité du gouvernement à prendre des décisions ambitieuses en matière d’immigration, de croissance et de stabilité financière d’ici le 21 décembre, a indiqué Christian Lindner, faisant référence à ce qu’il a appelé « l’automne des décisions ».
La coalition du gouvernement allemand a longtemps été critiquée pour son manque de cohésion. Les désaccords sur les finances publiques ont souvent conduit à des batailles publiques et à des compromis, le FDP privilégiant une approche budgétaire brutale, tandis que les Verts et le SPD se sont opposés à des réductions substantielles et ont appelé à davantage d’investissements.
« Jusqu’où le FDP va-t-il tomber ? »
Les commentaires de Christian Lindner sont intervenus après que l’un des vice-présidents du parti, Wolfgang Kubicki, a mis en doute la survie de la coalition le soir des élections.
« Le fait d’avoir obtenu environ 1 % trois fois de suite signifie que le FDP a été marginalisé », a-t-il réagi à Die Welt.
« Cela signifie que les gens en ont fini avec la coalition en “feu tricolore” », a-t-il poursuivi, faisant également référence à la piètre performance de l’autre partenaire de cette coalition à trois, les Verts (les Verts/ALE).
« Soit nous parvenons à trouver un dénominateur commun raisonnable dans les 14 jours ou les trois semaines à venir, soit cela n’aura plus de sens pour le parti libéral-démocrate de continuer à participer à cette coalition », a prévenu Wolfgang Kubicki, ajoutant qu’il ne pensait pas que la coalition survivrait jusqu’à Noël.
Les performances électorales du FDP ont également été ridiculisées par ses opposants.
« Le FDP a été écartelé. Le FDP est maintenant à 0,8 % — c’est moins de la moitié de la part du “Parti des droits des animaux” [un parti marginal] », s’est amusé le chef de l’opposition Friedrich Merz (Union chrétienne-démocrate, Parti populaire européen) à Berlin. « Jusqu’où le FDP va-t-il tomber ? » a-t-il questionné non sans ironie.