En Allemagne, les détracteurs d’Ursula von der Leyen reviennent sur leur position
L’opposition à un second mandat d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne s’effrite au sein du gouvernement allemand, le Parti libéral-démocrate (FDP), membre de la coalition tripartite au pouvoir, ayant approuvé ses orientations politiques lundi (1er juillet).
L’opposition à un second mandat d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne s’effrite au sein du gouvernement allemand, le Parti libéral-démocrate (FDP), membre de la coalition au pouvoir, ayant approuvé ses orientations politiques pour la législature européenne 2024-2029 lundi (1er juillet).
Contrairement aux rumeurs selon lesquelles les dirigeants de l’UE envisageaient d’autres candidats pour diriger la prochaine Commission, l’Allemande Ursula von der Leyen, membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU, Parti populaire européen/PPE) a finalement été choisie par ces derniers jeudi (27 juin). Le chancelier allemand Olaf Scholz (Parti social-démocrate, SPD) a voté en sa faveur, a confirmé son porte-parole le lendemain.
Le gouvernement de coalition tripartie allemand — composé du SPD (Socialistes et Démocrates européens, S&D), du FDP (Renew Europe) et des Verts (Verts/ALE) — semblait auparavant divisé sur ce choix. De fait, le FDP avait fait campagne contre la candidate tête de liste du PPE avant les élections européennes avec le slogan « Moins de von der Leyen, plus de liberté », lui reprochant entre autres d’augmenter la bureaucratie de l’UE.
Le FDP dispose d’un droit de veto informel au sein de la coalition allemande, qu’il a notamment exercé pour obtenir des concessions sur l’interdiction au niveau de l’UE des nouvelles voitures à essence et diesel. Il est également l’une des principales délégations du groupe libéral Renew Europe, dont le soutien est indispensable à Ursula von der Leyen pour remporter le vote de confirmation de sa candidature qui aura lieu au Parlement européen mi-juillet.
Désormais, le parti salue l’évolution de la Commission, affirmant qu’elle envoyait des signaux positifs demandés.
« Je peux […] déjà observer que la future Commission poursuivra une politique différente de celle que nous avons connue dans le passé », a déclaré le secrétaire général du FDP, Bijan Djir-Sarai, lundi (1er juillet).
« La Commission sera contrainte par les nouvelles circonstances d’adopter une position différente, de fixer d’autres priorités, en particulier en matière de politique financière et économique, mais aussi en matière de politique étrangère et de sécurité, et surtout en matière de politique migratoire. »
Interrogé pour préciser si le parti avait consenti au vote d’Olaf Scholz en faveur de la présidente de la Commission, il a répondu de manière évasive, se contentant de dire qu’il « ne répondrait pas à cette question de manière spécifique ».
Il est probable que la coalition allemande ait coordonné la position à adopter lors du sommet de jeudi dernier, ce qui implique que le FDP aurait à priori consenti au soutien allemand pour Ursula von der Leyen.
En 2019, l’Allemagne s’était abstenue sur le vote pour le premier mandat de la chrétienne-démocrate, en raison de désaccords entre les partenaires de la coalition de l’époque, a noté Nicolai von Ondarza, expert en politique européenne au sein du groupe de réflexion SWP.
Un revirement
Le feu vert du FDP marquerait un changement de position notable, car le ministre des Finances, le libéral Christian Lindner, avait précédemment posé des « conditions fondamentales » pour qu’Ursula von der Leyen obtienne le soutien du gouvernement allemand.
Ces conditions comprenaient une approche stricte de l’immigration, l’annulation de l’interdiction des nouvelles voitures à essence et diesel, et la promesse d’exclure toute nouvelle dette commune de l’UE.
Bien que la présidente de la Commission ait promis aux dirigeants de l’UE de prendre des mesures strictes en matière de migration, aucun engagement public concernant les autres conditions mentionnées par le FDP n’a émergé avant ou depuis le vote de jeudi.
Lundi, Bijan Djir-Sarai a évoqué des « critères » plutôt que des conditions, qu’il pourrait « quelque peu discerner […] dans ces processus de changement » de la Commission, affirmant qu’ils jouent « un rôle majeur dans les négociations » avant le vote d’investiture d’Ursula von der Leyen au Parlement européen.
Officiellement, le parti reste indécis quant au soutien de la présidente, a confié une source du parti à Euractiv.
Après les élections européennes, le SPD a accusé le FDP, en difficulté dans les sondages, d’utiliser une position ferme sur la nomination d’Ursula von der Leyen « pour des raisons de politique interne ».
Le secrétaire général du SPD, Kevin Kühnert, a indiqué à Euractiv que personne ne devrait utiliser les négociations complexes sur la nouvelle Commission européenne pour négocier une sorte d’accord de coalition parallèle.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]