En Espagne, les promesses électorales et les objectifs budgétaires vacillent

Le pouvoir d'achat des retraités est altéré et le pays aura bien du mal à ramener son déficit à 6,3% du PIB en 2012.

EURACTIV.fr
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Le pouvoir d’achat des retraités est altéré et le pays aura bien du mal à ramener son déficit à 6,3% du PIB en 2012.

En arrivant au pouvoir, le premier ministre espagnol dit avoir découvert le pot aux roses. Un déficit qui frôle les 9% (contre 6% attendus), des banques privées plus malades que prévu et des administrations publiques endettées au point de ne plus payer leurs fournisseurs. « Il y a eu plusieurs choses auxquelles je ne m’attendais pas », estime Mariano Rajoy dans une longue interview publiée le 2 décembre par le quotidien de droite La Razon.

Exposé au jugement de Bruxelles, le premier ministre conservateur, au pouvoir depuis un an, se cherche des circonstances atténuantes, tant le saut à accomplir est herculéen. « On a demandé à l’Espagne de faire un effort très difficile, admet-il. Passer de 8,9% de déficit à 6,3% en seulement un an. Il est très compliqué de réduire le déficit de 2,6 points dans un contexte de récession. » Mission impossible ? « Nous verrons ce qui se passe à la fin de l’année », évacue-t-il.

La Commission européenne applaudit

Pour relever le défi, le gouvernement avale plus d’une couleuvre. Il fait ce qu’il n’avait pas prévu de faire (augmenter les impôts sur le revenu et la TVA) et renie ses promesses à l’égard des retraités. Mariano Rajoy s’était engagé à revaloriser les retraites en fonction de l’inflation, conformément à la loi espagnole. Or, l’augmentation concédée ne sera que de 1% (2% pour les retraités gagnant moins de 1000 euros par mois), quand l’inflation s’établit à 2,9% sur un an.

Des économies estimées à 3,8 milliards d’euros, saluées par Olli Rehn, le commissaire en charge des affaires économiques à Bruxelles : « La décision montre que le gouvernement espagnol est complètement engagé pour tenir ses objectifs budgétaires », a déclaré le Finlandais.

En Espagne, près de deux retraités sur trois touchent moins de 824 euros par mois. Selon une étude récemment publiée par le centre de recherche français Cepremap, qui s’est fondé sur des données collectées entre 1995 et 2010, le pays se classe dans le peloton de queue en matière d’Etat providence, aux côtés du Portugal, de la Grèce, de l’Italie et de l’Irlande.