En réponse à une procédure de déficit excessif, la Pologne envisage d’émettre des obligations de défense

Le gouvernement polonais envisage d’émettre des obligations pour la défense, car, contrairement à ce qu’il espérait, les dépenses de défense ne seront pas exemptées de la procédure de déficit excessif de l’Union européenne, selon le ministre des Finances Andrzej Domański.

EURACTIV Pologne
Crisis staff of Polish government meets in Wroclaw over flood situation
La possibilité d’exclure au moins une partie des dépenses de défense de la Pologne de la procédure de déficit excessif de l’Union européenne semble relativement probable, selon le ministre. [EPA-EFE/MACE]

Le gouvernement polonais envisage d’émettre des obligations pour la défense, car, contrairement à ce qu’il espérait, les dépenses de défense ne seront pas exemptées de la procédure de déficit excessif de l’Union européenne (UE), selon le ministre des Finances Andrzej Domański (Plateforme citoyenne, Parti populaire européen).

La Commission européenne a rejeté la demande de la Pologne d’exclure les dépenses de défense de la procédure de déficit excessif, une proposition qu’Andrzej Domański défend depuis des mois.

Une telle exemption aurait bénéficié à plusieurs États membres de l’UE, mais c’est la Pologne qui aurait eu le plus à y gagner, étant donné qu’elle est actuellement confrontée à d’importantes pressions budgétaires en raison de l’augmentation des dépenses de défense.

Lors de sa visite à Washington, le ministre polonais des Finances a annoncé « [qu’] il est confirmé que cela ne sera pas exclu ».

La possibilité d’exclure au moins une partie des dépenses de défense de la Pologne de la procédure de déficit excessif de l’Union européenne semble relativement probable, selon le ministre.

Face à un refus de Bruxelles, la Pologne pourrait émettre des obligations de défense, a annoncé le responsable politique polonais, ajoutant que le PIB de la Pologne devrait croître de 3,9 % en 2025.

Le 19 juin, la Commission a proposé que la Pologne, la France, l’Italie, la Belgique, la Hongrie, Malte et la Slovaquie soient placées sous procédure de déficit excessif en raison de l’absence de mesures correctives.

Cette procédure est déclenchée lorsque le déficit budgétaire d’un État membre de l’UE dépasse 3 % du PIB ou que sa dette publique dépasse 60 % du PIB. L’objectif est de veiller à ce que la dette publique soit faible ou en tout cas viable.

La Pologne va encore augmenter ses dépenses

« Les dépenses de défense sont la priorité de la Pologne. L’année prochaine, je les augmenterai nominalement et par rapport au PIB », a écrit Andrzej Domański sur X l’été dernier.

La Pologne a alloué 4,1 % de son PIB à la défense en 2024, pour un total d’environ 160 milliards de zlotys (34,78 milliards d’euros). En 2025, Varsovie prévoit d’augmenter ce budget à 4,7 % du PIB, soit environ 186 milliards de zlotys (40,43 milliards d’euros).

La Pologne entend ainsi conserver sa première position au sein de l’OTAN en ce qui concerne les dépenses de défense en pourcentage du PIB, dépassant largement l’exigence minimale de l’Alliance, qui est de 2 %.

Le ministre polonais de la Défense, Władysław Kosiniak-Kamysz (Parti paysan polonais, PPE), avait déjà indiqué que la Pologne et la Lituanie attendaient également de l’UE qu’elle contribue financièrement à la construction du « bouclier oriental » sur les lignes de la Lituanie et de la mer Baltique.

Il a affirmé que l’industrie de l’armement devrait être une priorité pour l’UE et que les États membres devraient effectuer leurs achats d’équipements en commun.