Energie 2050 : Le Parlement européen suggère un patchwork

Les députés insistent sur les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique mais ne proposent pas clairement d'objectifs contraignants à l'horizon 2030.

EURACTIV.fr

Les députés insistent sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique mais ne proposent pas clairement d’objectifs contraignants à l’horizon 2030.

Diversifier le bouquet énergétique en mettant l’accent sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. C’est, en substance, le message adressé par le Parlement européen aux Etats dans une résolution adoptée jeudi 14 mars. 

Les parlementaires donnent de grandes orientations et ne prennent pas position en faveur d’objectifs contraignants à l’horizon 2030. Ils demandent cependant à la Commission européenne de présenter une stratégie cohérente avec les objectifs de « décarbonation » de l’UE pour 2050. Les parlementaires insistent également sur la nécessité d’un cadre « stable » qui permettra aux professionnels d’engager des investissements de long terme. 

« Sans regret »

Renouvelable, captage et stockage du CO2, nucléaire, efficacité énergétique…Le scénario « sans regret », tel que l’a surnommé la Commission européenne dans sa feuille de route pour 2050 permet de combiner toutes les énergies et toutes les méthodes de lutte contre le changement climatique pour que « tout le monde se sente un peu représenté », explique Sami Andoura chercheur au think tank Notre Europe. 

Dans sa feuille de route, la Commission n’envisage pas vraiment de scénarios, mais plusieurs options. 

Energie 2050 : La Commission se limite à des scénarios

« Les approches dogmatiques (…) ne mènent à rien », estime le rapporteur de la résolution, la députée européenne Niki Tzavela membre du groupe EFD, qui rassemble, entre autres, les eurosceptiques britanniques. 

Les discussions sur la stratégie de l’UE pour 2050 sont actuellement bloquées au Conseil des ministres. Certains Etats de l’Est de l’Europe, dont la Pologne largement dépendante du charbon, ne veulent pas entendre parler d’objectifs contraignants à l’horizon 2030, que ce soit en matière de renouvelables ou d’émissions de CO2. 

Renouvelables

Frileux à l’idée de s’engager sur des contraintes supplémentaires sur les renouvelables, les Français étaient, à l’origine, plutôt favorable à des objectifs sur les émissions de CO2. Mais leur choix n’a jamais été affirmé clairement. « Ils commencent à prendre conscience qu’il faut développer les renouvelables », explique Sami Andoura.

De leur côté, les Allemands, qui investissent dans les énergies renouvelables à marche forcée, sont favorables à un objectif intermédiaire en 2030. Le commissaire européen à l’Energie, Günther Oettinger, s’est en tout cas exprimé à ce sens, à titre personnel. 

Cette stratégie du « tutti frutti » suscite les critiques des écologistes. « Un vote clair du Parlement européen en faveur d’une stratégie de décarbonation de l’économie européenne aurait envoyé un signal politique fort à la Commission européenne et au Conseil, estime le député européen Yannick Jadot (Verts/ALE). En voulant ménager la chèvre et le chou, le Parlement européen ne donne aucune direction à la politique européenne de l’énergie. »

De leur côté, les socialistes français regrettent l’absence d’objectifs clairs dans la résolution. « Soucieux de l’environnement, de l’emploi, de la compétitivité industrielle, nous avions déposé un amendement avec les socialistes européens appelant clairement à un triple objectif chiffré sur les émissions de gaz à effet de serre, les renouvelables et l’efficacité énergétique, explique la députée européenne Catherine Trautmann (S&D). Nous regrettons son rejet, même si ces trois éléments restent développés dans le texte. »