Énergie renouvelable : la Grande-Bretagne s’opposera à un nouvel objectif

Le gouvernement britannique s’opposera aux tentatives d’établir un nouvel objectif en matière d’énergie renouvelable au sein de l’UE. Cette décision pourrait compromettre des milliards de livres sterling d’investissement vert et des dizaines de milliers d’emplois.

EURACTIV.fr
WindEnergy_2.jpg
WindEnergy_2.jpg

Le gouvernement britannique s’opposera aux tentatives d’établir un nouvel objectif en matière d’énergie renouvelable au sein de l’UE. Cette décision pourrait compromettre des milliards de livres sterling d’investissement vert et des dizaines de milliers d’emplois.

 

Les ministres ont accordé une concession aux défenseurs de l'environnement et ont accepté de renforcer les objectifs des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030.

 

La question d'un objectif sur les énergies renouvelables pour 2030, qui remplacera l'objectif actuel de production de 20 % de l'énergie de l'UE à partir de sources renouvelables d'ici 2020, est très controversée pour le gouvernement et l'industrie. Le chancelier de l’Échiquier, George Osborne, s’est opposé à la définition d’objectifs clairs pour 2030 et préfère garantir « une ruée vers le gaz » qui permettrait la construction de 20 centrales énergétiques au gaz ou plus au cours de la prochaine décennie. Selon des défenseurs de l'environnement, cette décision serait fatale aux tentatives de lutte contre le changement climatique. Ils ont appelé à de plus grandes ambitions en matière d’énergies renouvelables.

 

Conformément aux nouvelles propositions, qui seront dévoilées aujourd'hui (27 mai) par Ed Davey, le ministre en charge du climat et de l'énergie, le Royaume-Uni demanderait à l'UE de s'engager à réduire les émissions de dioxyde de carbone de 40 % d'ici 2030, par rapport aux niveaux de 1990. Londres appelle également à une cible de 50 % si d'autres pays y prennent part avec des objectifs plus contraignants. Les gouvernements mondiaux participent à des négociations sur un accord relatif au changement climatique en vue de remplacer le protocole de Kyoto à partir de 2020. Grâce à ces propositions, le Royaume-Uni deviendrait le premier pays à présenter sa position sur les réductions d'émissions avant le prochain cycle de négociations en novembre.

 

M. Davey a déclaré : « Le Royaume-Uni est un acteur mondial dans la lutte contre le changement climatique […] C'est la raison pour laquelle nous soutenons un objectif contraignant à l'échelle européenne de 50 % de réduction des émissions d'ici 2030 dans le cadre d'un accord mondial ambitieux sur le climat, et même un objectif unilatéral de l'UE de 40 % sans accord mondial.

 

« Cet objectif pour 2030 est ambitieux, mais faisable et nécessaire si nous voulons limiter le changement climatique à des proportions raisonnables. »

 

Les libéraux-démocrates ont cependant été en mesure de préconiser un objectif sur des émissions uniquement en abandonnant celui en faveur d'un quota sur l'énergie provenant de sources renouvelables d'ici 2030. Les investisseurs dans les énergies renouvelables seront consternés. Ils considèrent que l'objectif actuel de production de 20 % de l'énergie de l'UE à partir de sources renouvelables depuis 2020 a été l'élément principal qui a encouragé les investissements dans l'industrie verte.

 

De nombreux eurodéputés conservateurs britanniques se sont opposés aux énergies renouvelables, et en particulier aux subventions accordées aux éoliennes sur terre, ce qui a empêché la coalition de donner suite à d'autres objectifs. Les entreprises de technologie propre ont prévenu que des dizaines de milliards de livres sterling d'investissements dans de nouvelles usines d’assemblage d'éoliennes étaient actuellement en jeu, car, en l’absence d’objectif après 2020, tout investissement réalisé aujourd'hui pourrait rapidement devenir non rentable.

 

Selon David Kennedy, le directeur général de la commission sur le changement climatique, l'organe statutaire créé afin de conseiller les ministres sur la manière d’atteindre les objectifs du Royaume-Uni en matière d’émissions, l'incertitude du gouvernement quant aux nouvelles énergies renouvelables a dérouté les investisseurs. Il a déclaré le mois dernier : « Le gouvernement s'est engagé en faveur de mécanismes de soutien faibles en carbone pour 2020, mais il a indiqué par la suite que nous pourrions avoir une ruée vers le gaz, et cela détruit la confiance des investisseurs, en particulier dans le secteur des énergies renouvelables. »

 

M. Davey a déclaré : « Nous voulons maintenir la souplesse dans la manière d’atteindre cet objectif ambitieux pour les États membres. Différentes options sont possibles pour décarboniser l'économie d'un pays. Au Royaume-Uni, notre approche est neutre sur le plan technologique et nos réformes dépendront du marché et de la concurrence en vue de déterminer le bouquet énergétique faible en carbone. Nous nous opposerons donc à un objectif sur les énergies renouvelables à l'échelle de l'UE, car il est rigide et inutile. »

 

L'Alliance des Verts, qui soutient la lutte contre le changement climatique, a toutefois accueilli favorablement la position du gouvernement. Matthew Spencer, directeur général, a déclaré : « C'est une très bonne nouvelle pour toute personne qui pense qu'une action en faveur de la sécurité climatique est trop importante pour être une question partisane. Ed Davey et William Hague devraient tous deux être reconnus pour leurs efforts visant à faire accepter cette vision par le gouvernement.

 

« Ils peuvent à présent jouer un rôle essentiel dans la garantie d'un plan d'action européen audacieux pour le climat d'ici 2030, qui augmentera les probabilités d’un accord mondial sur le climat et permettra d'accélérer la croissance du secteur assez important des entreprises vertes britanniques. Le dernier paquet de l'UE sur le climat pour 2020 était indispensable à la création d'avancées majeures dans l'efficacité des véhicules et à la réduction des coûts de l'énergie renouvelable, et cela ne se serait pas produit sans le rôle politique de premier plan du Royaume-Uni. »