Entente franco-allemande sur la réforme de la PAC [FR]

Paris et Berlin ont annoncé la semaine dernière (2 juillet) la création d’un groupe de travail franco-allemand pour dessiner la réforme de la Politique agricole commune (PAC) d’après 2013.

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Paris et Berlin ont annoncé la semaine dernière (2 juillet) la création d’un groupe de travail franco-allemand pour dessiner la réforme de la Politique agricole commune (PAC) d’après 2013.

Le groupe de travail a été établi le 2 juillet, la veille de la rencontre entre le nouveau ministre français de l’Agriculture Bruno Le Maire et le président de la Commission José Manuel Barroso pour expliquer la position de la France sur la future réforme.

M. Le Maire a déclaré que M. Barroso avait partagé ses opinions sur l’importance stratégique de l’agriculture pour l’UE et sur le fait de garantir la sécurité alimentaire européenne.

Il est absolument nécessaire de réglementer la production, a affirmé M. Le Maire devant la presse après la rencontre, insistant pour dire que le secteur agricole était trop stratégique pour être laissé au soin des seules forces du marché.

« Davantage de réglementation » sera la ligne de conduite de la France pendant les négociations sur la réforme agricole, a-t-il ajouté. Mais la réglementation ne veut pas nécessairement dire des quotas, a-t-il affirmé, en référence aux protestations actuelles sur le prix du lait.

Notre principal objectif politique doit être de garantir des revenus stables et décents aux agriculteurs, a-t-il continué, notant que les agriculteurs français avaient perdu 20 % de leur revenu depuis 2008. Une telle volatilité des prix et de telles baisses de revenus ne sont pas économiquement viables et les agriculteurs ne peuvent pas vivre dans une telle instabilité, a-t-il souligné.

D’autre part, M. Le Maire a déclaré que la formation des prix doit être rendue plus transparente, suggérant de mettre en place un observatoire européen pour contrôler les tendances tarifaires tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Enfin, le ministre français de l’Agriculture a déclaré que l’innovation et l’investissement dans le secteur agro-alimentaire devaient être mis au cœur de l’agenda européen de Lisbonne pour la croissance et l’emploi, qui doit être révisé au printemps prochain. Si l’Europe veut un secteur agro-alimentaire compétitif au niveau mondial, elle doit alors donner à cette industrie les moyens d’atteindre cet objectif, a ajouté M. Le Maire.  

Un groupe ouvert à tous

La coopération franco-allemande sur la réforme de la PAC sera très étroite, a déclaré M. Le Maire, indiquant qu’il souhaiterait ajouter un officiel allemand à son cabinet pour préparer le travail. De manière similaire, un officiel français sera envoyé à Berlin, a-t-il dit.

Le groupe de travail est ouvert à d’autres participants, a-t-il dit, annonçant un tour des capitales européennes qui commencera à Londres avant de passer par Madrid, Rome, Bucarest et Varsovie. Paris et Berlin veulent mettre sur la table leurs premiers principes directeurs pour la réforme de la PAC dans les mois à venir, a-t-il ajouté.

Le groupe de travail est une illustration du fait que les politiques européennes clefs sont de plus en plus définies en dehors des institutions officielles européennes. Paris a pris une initiative similaire concernant les OGM l’an dernier (EURACTIV 05/06/08 et 21/010/08).

Un porte-parole de la Commission a cependant minimisé la question. Il est très bien de voir que tout le monde s’intéresse au futur de la PAC, a déclaré cet officiel. Toutes les contributions, y compris celles des deux producteurs majeurs, sont les bienvenues pour alimenter le processus de réflexion, a-t-il ajouté, affirmant qu’aucune décision finale ne serait prise dans un tel comité informel.

La Commission doit présenter ses premières réflexions sur la réforme de la PAC en septembre 2010.

Pour la fin des quotas laitiers

M. Le Maire et son homologue allemande Ilse Aigner ont également joint leurs voix pour exhorter la Commission à apporter une aide d’urgence aux producteurs laitiers frappés par une chute des prix du lait. Des mesures de crise récentes se sont révélées inefficaces, avec une chute continue des prix, et il n’existe pas de signes d’un changement de tendance, ont-ils écrit dans une lettre conjointe adressée à la commissaire européenne à l’Agriculture Mariann Fischer Boel.

Les ministres ont aussi suggéré que la Commission devrait envisager de geler l’augmentation des quotas laitiers prévue pour 2010 et rétablir le stockage de produits laitiers comme moyen de mieux contrôler les quantités arrivant sur le marché et ainsi mieux contrôler les prix (EURACTIV 24/03/09).

Les producteurs laitiers de l’Europe ont protesté avec fracas contre la chute des revenus et ont demandé aux Vingt-sept de reconsidérer le projet de mettre fin au système de quota qui a jusqu’ici garanti la stabilité des prix (EURACTIV 19/06/09).

Dans les jours à venir (22 juillet), on s’attend à ce que la Commission fournisse une analyse qui explique les raisons pour lesquelles les prix du lait ont chuté si brusquement, qui juge de l’effectivité des mesures d’intervention mises en oeuvre et qui en présente de nouvelles pour aider les producteurs laitiers.