Entretien : il faut une CAP « plus libérale, plus ouverte et plus flexible » [FR]

Une profonde réforme de la politique agricole commune (CAP) est nécessaire pour permettre à l’UE de mieux faire face à la hausse des prix alimentaires et aux pressions internes, d’après Ivo Hlavac, le secrétaire d’Etat tchèque en charge de l’Agriculture, qui s’est adressé à EURACTIV France au cours d’un entretien.

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Une profonde réforme de la politique agricole commune (CAP) est nécessaire pour permettre à l’UE de mieux faire face à la hausse des prix alimentaires et aux pressions internes, d’après Ivo Hlavac, le secrétaire d’Etat tchèque en charge de l’Agriculture, qui s’est adressé à EURACTIV France au cours d’un entretien.

« Nous pensons que le bilan de santé est un ajustement nécessaire pour libéraliser la PAC, la rendre plus ouverte et plus flexible », ainsi que pour répondre aux préoccupations de l’OMC, a déclaré M. Hlavac. Elle doit être finalisée « d’ici la fin de l’année » et « nous soutiendrons l’ambition de la présidence française », a-t-il ajouté.

En mai, la Commission a annoncé les plans de réforme de la PAC – le « bilan de santé » – en réduisant les montants alloués à la production, en attribuant plus de fonds au développement rural et en supprimant la nécessité de maintenir un certain pourcentage de terres en jachères (EURACTIV 21/05/08). 

Le secrétaire d’Etat estime qu’il y a « au moins deux bonnes raisons de soutenir « la proposition de l’exécutif européen, à savoir le découplage du régime d’aides, qui « rend la PAC plus flexible » et la suppression des quotas laitiers d’ici 2015. Saluant l’ « approche progressive » de la Commission, il explique : « nous pourrions produire beaucoup plus de lait mais nous sommes bloqués par les quotas et la menace des sanctions ».

Mais M. Hlavac s’oppose au plan de la Commission visant à limiter le montant des subventions que les exploitations agricoles peuvent recevoir une fois qu’elles dépassent une certaine taille. Pour des raisons historiques, ce plan serait injuste pour la République tchèque où la taille moyenne d’une exploitation agricole, 150 hectares, représente plus du double de toutes les exploitations de l’UE, explique-t-il. « A l’époque du communisme, nous sommes passés par le processus de collectivisation des zones rurales » comme la plupart des nouveaux Etats membres, dit-il – créant ainsi beaucoup de grandes exploitation.

Sous la présidence de son pays à l’UE, « le débat [sur la PAC] ne portera pas sur les chiffres » mais sur « les attentes structurelles », estime M. Hlavac, appelant au transfert des fonds des paiements directs versés aux agriculteurs vers le développement rural. Alors que la France est « plus conservatrice » et « veut maintenir le budget tel qu’il est », il est nécessaire de parvenir à un compromis pour donner à l’UE « la possibilité de produire des produits alimentaires européens » et « d’être compétitive non seulement dans le marché intérieur, mais aussi sur la scène internationale », ajoute-t-il.

Parallèlement, la République tchèque pense que les objectifs obligatoires de l’UE d’atteindre une part de 10% de biocarburant dans sa consommation en carburant et une part de 20% de sources d’énergies renouvelables d’ici 2020 ne sont pas des « politiques raisonnables », affirme M. Hlavac.

Concernant les biocarburants, « le débat européen a lieu entre deux extrêmes ». Auparavant considérés comme « un moyen de sauver l’agriculture et de faire face aux défis environnementaux », ils sont désormais traités avec prudence, explique M. Hlavac, déclarant qu’il faut absolument trouver un juste milieu. Pour ce qui est de l’énergie, « les renouvelables fonctionnent au niveau local » mais n’apportent pas suffisamment de solutions mondiales ou environnementales, affirme-t-il, plaidant en faveur de l’énergie nucléaire.

Dans le même temps, en septembre ou octobre, la Cour constitutionnelle tchèque devrait décider si le traité de Lisbonne est conforme à sa constitution (EURACTIV 30/06/0820/06/08). Afin de rassurer ceux qui craignent que cela empêchera le pays de ratifier le texte, M. Hlavac a déclaré « c’est seulement une question de procédure formelle » qui est similaire à la procédure entreprise par l’Allemagne.

Néanmoins, pour ce qui est de l’issue de la procédure, il a répondu : « je ne peux rien vous affirmer parce que je ne suis pas un juge constitutionnel ».

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