Épidémie de bronchiolite : les hospitalisations de nourrissons explosent
Santé Publique France a fait état d’une « nouvelle augmentation des passages aux urgences et des hospitalisations pour bronchiolite chez les enfants de moins de 2 ans, à des niveaux très élevés », selon le dernier bulletin hebdomadaire, publié mercredi.
Santé Publique France a fait état d’une « nouvelle augmentation des passages aux urgences et des hospitalisations pour bronchiolite chez les enfants de moins de 2 ans, à des niveaux très élevés », selon le dernier bulletin hebdomadaire, publié mercredi (23 novembre).
Près de 7 000 enfants, dont 90 % âgés de moins d’un an, ont été vus aux urgences entre les 14 et 20 novembre – un bond de 24 % par rapport à la semaine précédente. Fait notable, les hospitalisations après passage aux urgences ont, elles, augmenté de 53 %, après une semaine plus calme due aux vacances scolaires.
« Trop de patients arrivent [aux urgences], mais il n’y a pas assez de personnel pour les accueillir », alerte Rémi Salomon, pédiatre, au micro de France Inter mercredi.
Non seulement l’épidémie de bronchiolite se propage partout sur le territoire, y compris en Guadeloupe, mais « on a diminué les effectifs, qui font que les conditions de travail sont insupportables », ajoute le médecin. Si un tri des enfants n’est pas encore d’actualité, les tensions au sein de l’hôpital se font vives.
Une critique qui ne date pas d’hier : depuis le 21 octobre, une lettre ouverte au président de la République Emmanuel Macron a été signée par plus de 7 000 soignants pour alerter sur « les services de réanimations pédiatriques partout en France [qui] sont saturés ». Les signataires dénoncent « la dégradation criante des soins apportés aux enfants qui les met quotidiennement en danger ».
Le niveau 2 du plan « Hôpital en tension, lié à la surcrise pédiatrique » a été activé mardi (22 novembre) par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), selon les révélations de France Inter. Ce déclenchement devrait notamment provoquer une déprogrammation accrue d’opérations non-urgentes.
Il fait suite à un premier dispositif d’urgence, dit plan ORSAN, déclenché par le ministre de la Santé François Braun le 9 novembre dernier afin de « structurer la réponse du système de santé et de fluidifier les prises en charge pédiatriques », souligne le communiqué de presse du ministère.
Lundi (21 novembre), le ministre a aussi annoncé une enveloppe supplémentaire de 543 millions d’euros pour l’hôpital public, qu’il a justifiée notamment en raison des surcoûts dus au COVID-19.
Début novembre, la Commission européenne a approuvé un traitement préventif de la bronchiolite, le nirsevimab, « pour la prévention des infections par le virus respiratoire syncytial (VRS) chez le nourrisson », détaille le groupe pharmaceutique français Sanofi, co-développeur avec AstraZeneca.
La bronchiolite est une infection respiratoire d’origine virale, qui provoque chez les nourrissons, notamment ceux de moins de deux ans, une inflammation des bronchioles.