Le nombre de nouveaux cas de cancers a doublé en France depuis 1990

Entre 1990 et 2023, le nombre de cancers a doublé en France, d’après les dernières statistiques publiées par Santé publique France mardi 4 juillet. Une augmentation qui s’explique par l’évolution démographique, mais pas uniquement.

Euractiv France
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Le cancer reste la première cause de décès prématuré chez l’homme et la deuxième cause chez les femmes. [create jobs 51/Shuttestock]

Entre 1990 et 2023, le nombre de cancers a doublé en France, d’après les dernières statistiques publiées par Santé publique France mardi 4 juillet. Une augmentation qui s’explique par l’évolution démographique, mais pas uniquement.

Le cancer reste la première cause de décès prématuré chez l’homme et la deuxième cause chez les femmes, après les maladies cardiovasculaires, 245 610 nouveaux cas ont été détectés en 2023, contre 187 526 chez les femmes.

« Il y a une hausse réelle et notable », ont alerté les experts de Santé publique France lundi lors d’un point presse.

Dans les faits, l’incidence des cancers a doublé en France depuis 1990, selon les résultats publiés dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), par Santé Publique France (SPF), le réseau français des registres de cancers (Francim), l’Institut national du cancer (InCA) et les Hospices civils de Lyon.

Ce bulletin, dont le dernier remonte à 2018, détaille les dernières estimations de l’incidence des cancers majoritaires en France en 2023 et analyse dans le même leur évolution depuis 1990.

L’augmentation du nombre de cancers en France s’explique notamment par le vieillissement et l’accroissement de la population. L’apparition de nouveaux facteurs de risques liés notamment au changement climatique, à un mode de vie plus sédentaire et à une exposition plus grande aux UV, participent également à cette augmentation.

Les résultats de l’étude révèlent également une évolution défavorable pour davantage de cancers chez les femmes que chez les hommes.

En effet, le nombre de nouveaux cas de cancers par an pour 100 000 habitants a augmenté de 98% chez les hommes et 104% chez les femmes, selon les données de SPF.

Ce phénomène concerne notamment les cancers liés à la consommation de tabac comme ceux du poumon et des lèvre-bouche-pharynx. Entre 2010 et 2023, le nombre de cancers du poumon chez la femme a augmenté de 4,3 % par an, tandis qu’il a diminué de 0,5 % chez les hommes.

Cela se vérifie pour d’autres types de cancers : entre 1990 et 2023, le cancer colorectal a augmenté de 0,2 % chez la femme, et a diminué de 0,3 % chez l’homme. Le cancer du foie a augmenté de 1,3% chez les hommes, et 3,2% chez les femmes.

L’augmentation de la consommation d’alcool, de tabac et la sédentarité chez les femmes expliquent en partie cette évolution défavorable des cas de cancers.

À noter cependant la baisse des cancers de l’estomac, des ovaires ou encore des corps de l’utérus chez les femmes.

Hommes ou femmes, « la prévention et le dépistage restent une priorité dans la lutte contre le cancer », rappelle Santé publique France.

2,6 millions de cancers en Europe

À l’échelle européenne, le constat est moins alarmant pour les femmes puisque le taux de mortalité par cancer est 75 % plus élevé chez les hommes.

Mais l’incidence des cancers suscite tout autant d’inquiétudes : en 2020, plus de 2,6 millions d’Européens ont été diagnostiqués avec la maladie. Parmi les cancers les plus fréquents, l’on retrouve le cancer de la prostate, le cancer du sein, le cancer du poumon et le cancer du côlon et du rectum.

Si aucune mesure n’est prise, le nombre de cancers devrait augmenter de 25 % d’ici à 2035 et devenir ainsi la première cause de décès prématuré en Europe, a alarmé la Commission européenne dans son plan européen de lutte contre le cancer.

Présenté en février 2021, ce plan bénéficie d’un financement de 4 milliards d’euros, notamment via le programme EU4Health et se concentre sur quatre grandes priorités : la prévention, la détection précoce, le traitement et l’amélioration de la qualité de vie.

En plus de son plan pour vaincre le cancer, la Commission doit présenter deux textes d’ici la fin de l’année : une proposition relative à une première recommandation du Conseil sur les cancers pouvant être évités grâce à la vaccination, et une mise à jour d’une seconde recommandation du Conseil de 2009 sur les environnements sans tabac.

La deuxième recommandation vise à renforcer la protection des citoyens contre le tabac et à contribuer à la réalisation de l’objectif d’une « génération sans tabac » d’ici 2024.

Malgré un intérêt européen, la lutte contre le cancer repose majoritairement sur la mise en place de politique de santé publique nationale par les différents gouvernements de l’UE.

Mais l’accès aux soins varie considérablement d’un pays à l’autre.

« À titre d’exemple, le dépistage est essentiel pour améliorer la détection précoce. Cependant, la proportion de personnes bénéficiant d’un dépistage du cancer du sein est très variable, allant de 6 à 90 %, et d’environ 25 à 80 % pour le cancer du col de l’utérus », a indiqué Mme Kyriakides en février dernier lors de la conférence 2023 sur le cancer qui s’est déroulée à Stockholm.