Le président du PPE Manfred Weber désigne le parti d’extrême droite allemand AfD comme « ennemi principal »

Le chef du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, Manfred Weber, veut mettre la lutte contre le parti Alternativ für Deutschland (AfD) d’extrême droite au centre de la campagne électorale de l’UE l’année prochaine, qualifiant le parti d’ennemi principal.

EURACTIV Allemagne
11349421-e1688964357117-800×450
Bien que M. Weber ait envisagé l’idée de se rapprocher du parti national conservateur Fratelli d’Italia (CRE) de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, il a souligné qu’il y aurait un « pare-feu » entre toute forme de coopération avec l’AfD. [[EPA-EFE/KIMMO BRANDT]]

Le chef du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, Manfred Weber, veut mettre la lutte contre le parti Alternativ für Deutschland (AfD) d’extrême droite au centre de la campagne électorale de l’UE l’année prochaine, qualifiant le parti d’ennemi principal.

Bien que M. Weber ait envisagé l’idée de se rapprocher du parti national conservateur Fratelli d’Italia (CRE) de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, il a souligné qu’il y aurait un « pare-feu » entre toute forme de coopération avec l’AfD. Le parti allemand d’extrême droite qui appartient à la même famille politique que le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen et la Lega de Matteo Salvini, Identité et Démocratie (ID).

Selon M. Weber, l’AfD « n’est pas seulement un concurrent politique, mais un adversaire et un ennemi », a-t-il déclaré dimanche (9 juillet) au groupe de médias Funke.

L’AfD est fortement opposée au projet européen et prône ouvertement la dissolution de l’UE qu’il qualifie de « non réformable ».

« Nous vivons des exportations. Et quiconque remet en question le marché unique européen sabre notre prospérité. De la même manière, la sécurité de l’Allemagne est menacée parce que l’AfD n’est rien d’autre qu’un étrier pour [Vladimir] Poutine », a ajouté M. Weber.

Manfred Weber a également déclaré vouloir défendre l’héritage de l’Allemagne et de ses partis conservateurs CDU/CSU contre cette poussée vers la désintégration et « mettre l’idée destructrice de l’AfD au centre de la campagne électorale européenne de l’année prochaine », a-t-il déclaré.

« Une bataille pour l’âme de l’Europe se prépare, y compris en Allemagne », a-t-il ajouté.

L’AfD atteint actuellement un taux historique de 20 %, ce qui place le parti d’extrême droite en deuxième position dans les sondages, dépassant même le SPD du chancelier Olaf Scholz.

Toutefois, M. Weber a également défendu son rapprochement avec Mme Meloni, avec laquelle il entretient des contacts fréquents. La coopération avec la Première ministre italienne serait selon lui essentielle, en particulier dans le domaine de l’immigration.

« Nous mettons actuellement en œuvre un accord migratoire avec la Tunisie, en collaboration avec l’Italie. Cela permettra de réduire les arrivées dans l’UE », a-t-il notamment déclaré.

Le débat sur les alliances post-élections européennes a également provoqué des tensions au sein du gouvernement de coalition italien composé de Giorgia Meloni (CRE), Antonio Tajani (PPE) et Matteo Salvini (ID).

L’alliance qui se profilait à l’horizon entre le PPE et CRE en dérangeait déjà plus d’un, mais la proposition de M. Salvini d’inclure Identité et Démocratie — dont le RN français et l’AfD allemand sont membres — reproduisant essentiellement le modèle du gouvernement italien — a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani — vice-premier ministre et dirigeant de Forza Italia — a expliqué que « Matteo Salvini ne sera jamais le problème », mais l’AfD et Marine Le Pen le sont certainement.