Espagne : la zone euro ne veut pas traîner
Les ministres de la zone euro ont demandé à l'Espagne d'officialiser sa demande d'aide au plus tard d'ici lundi. Ils ont en outre promis d'envoyer des représentants des bailleurs de fonds internationaux en Grèce pour discuter avec le nouveau gouvernement.
Les ministres de la zone euro ont demandé à l'Espagne d'officialiser sa demande d'aide au plus tard d'ici lundi. Ils ont en outre promis d'envoyer des représentants des bailleurs de fonds internationaux en Grèce pour discuter avec le nouveau gouvernement.
Les ministres des finances de la zone euro se sont réunis hier (21 juin) à Luxembourg pour discuter de la manière d'allouer 100 milliards d’euros d'aide aux banques espagnoles accablées par des actifs toxiques résultant de l'éclatement de la bulle immobilière. Le ministre espagnol de l'économie a déclaré qu'une requête officielle serait formulée dans les prochains jours pour le renflouement décidé il y a deux semaines.
Nombreux sont les acteurs du marché qui considère cette aide comme le prélude d'un programme de renflouement complet pour l'Etat espagnol, ce que Madrid dément avec force et vigueur.
Les déboires financiers de l'Espagne arrivent au-devant de la scène une semaine avant le début du sommet européen des 28 et 29 juin prochains censé élaborer des plans à long terme pour une union bancaire et budgétaire renforcée. Cette initiative devrait renforcer les fondations de la zone euro après que les renflouements accordés à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal n'ont pas permis de mettre un terme à cette crise qui dure depuis deux ans et demi.
Les dirigeants de l'Allemagne, de l'Italie, de la France et de l'Espagne ont décidé de se rencontrer aujourd'hui à Rome pour préparer le terrain.
« Nous constatons clairement de nouvelles tensions sur les banques et les dettes souveraines dans la zone euro », a déclaré la directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, qui a participé à la réunion à Luxembourg.
« En tenant compte de ces éléments, le FMI pense qu'il serait nécessaire de réaffirmer la volonté d'avancer avec détermination et vigueur vers une union monétaire européenne complète. »
L’Espagne pourrait avoir besoin de 62 milliards d'euros
Deux audits indépendants, réalisés par Roland Berger et Oliver Wyman, ont révélé que les banques espagnoles auraient besoin de 51 à 62 milliards d'euros de capitaux supplémentaires pour surmonter une sérieuse récession et de nouvelles pertes.
La Banque d'Espagne a affirmé que les 100 milliards d'euros proposés à Madrid il y a deux semaines permettraient une certaine marge d'erreur. Les trois plus grandes banques espagnoles n'auraient pas besoin de nouveaux capitaux, même dans un scénario pessimiste, a-t-elle ajouté. Le gouvernement a déclaré qu'il ne comptait fermer aucune banque et restructurerait celles en difficulté.
A Luxembourg, les ministres des finances ont décidé que l'Espagne devrait d'abord déposer sa requête auprès du fonds de sauvetage temporaire de la zone euro, le Fonds européen de stabilité financière, avant que ce prêt soit repris par le fonds de sauvetage permanent, le Mécanisme européen de stabilité (MES), une fois qu'il sera en vigueur après le 9 juillet.
Assistance financière du FESF
« L'assistance financière sera accordée via le FESF jusqu'à ce que le MES soit disponible. Le prêt sera ensuite transféré au MES », a expliqué Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, lors d'une conférence de presse.
« Nous attendons des autorités espagnoles qu'elles déposent une requête officielle pour une aide financière d'ici lundi prochain », a-t-il précisé.
Cette solution devrait permettre de contourner un problème qui effraie les investisseurs : les prêts accordés par le MES devraient être remboursés en premier lieu en cas de défaut de paiement espagnol, ceux du secteur privé arrivant seulement en seconde position. Dans la mesure où ce nouveau renflouement sera accordé par le FESF, cette condition ne s'appliquera pas.
Accord en Allemagne
Le gouvernement allemand et l'opposition ont abouti à un accord qui permettra au parlement d'approuver le MES la semaine prochaine.
Le MES ne pourrait pas entrer en vigueur sans l'aval de la plus grande économie européenne. La ratification du MES requiert également la signature du président et l'accord de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.
Le chef parlementaire des conservateurs d'Angela Merkel a par ailleurs anéanti les espoirs de la France et des pays d'Europe du Sud de voir Berlin accepter une émission de titres de dette communs à la zone euro. Il a en effet affirmé que la mutualisation de la dette n'était pas une option en Europe.