Espagne : le Premier ministre Pedro Sánchez ne démissionnera pas
Le socialiste espagnol Pedro Sánchez, dans la tourmente depuis l’annonce la semaine dernière de l’ouverture d’une enquête sur son épouse, Begoña Gómez, a annoncé ce lundi (29 avril), qu’il ne démissionnerait pas de son poste de Premier ministre.
Pedro Sánchez (PSOE, Socialistes et Démocrates européens), dans la tourmente depuis l’annonce la semaine dernière de l’ouverture d’une enquête à l’encontre de son épouse, Begoña Gómez, a affirmé ce lundi (29 avril), qu’il ne démissionnerait pas de son poste de Premier ministre.
« J’ai décidé de continuer. Cette décision n’est pas un point-virgule, c’est un point final. Je prends la décision de continuer avec encore plus de force, si possible, à la tête du gouvernement espagnol », a déclaré le Premier ministre depuis le palais de Moncloa, à Madrid.
Il a également appelé à une réflexion collective et à la nécessité d’éliminer la toxicité du discours public. Le Premier ministre a regretté que les forces de la droite espagnole, le Partido Popular (PP, Parti populaire européen) et Vox (Consérvateurs et Réformistes européens), aient attaqué sa famille, mais il a promis qu’il continuerait à exercer ses fonctions malgré tout.
Pedro Sánchez est arrivé au pouvoir en 2018 à la suite d’une motion de censure lancée par des partis de gauche à l’encontre de l’ancien Premier ministre Mariano Rajoy, membre du PP.
Suite à l’annonce mercredi (24 avril) de l’ouverture d’une enquête par un juge madrilène sur Begoña Gómez, son épouse, pour des faits présumés de corruption et de trafic d’influence, le Premier ministre avait évoqué la possibilité d’une démission. Il avait alors annoncé prendre quelques jours de « réflexion » pour décider de son avenir politique.
La plainte a été déposée par l’association Manos Limpias (« Mains propres » en français), fondée par Miguel Bernad, avocat ayant fait de la politique, lié à l’extrême droite espagnole, qui a reconnu jeudi dernier que les allégations contre Mme Gómez étaient basées sur des articles de presse de droite et d’extrême droite.
Parmi les différentes issues possibles, outre la démission du Premier ministre, des élections anticipées avaient été mentionnées. Cependant, cette option n’était pas envisageable puisqu’un an ne s’était pas écoulé depuis les dernières élections (29 mai 2023). Une autre option aurait été la motion de censure, à laquelle Pedro Sánchez aurait probablement échappé puisqu’il bénéfice d’un large soutien au parlement.
Cette décision de M. Sánchez de rester en poste intervient à un moment crucial, à moins de six semaines des élections européennes de juin et à deux semaines des élections catalanes, prévues pour le 12 mai.
[Édité par Anna Martino]