Programme éclectique pour le prochain trio de présidences du Conseil
Les représentants de l’Estonie, de la Bulgarie et de l’Autriche, qui prendront bientôt la présidence du Conseil, ont annoncé des priorités très divergentes.
Les représentants de l’Estonie, de la Bulgarie et de l’Autriche, qui prendront bientôt la présidence du Conseil, ont annoncé des priorités très divergentes.
Depuis 2008, les pays occupant la présidence tournante du Conseil européen travaillent en trio. Ils définissent ensemble des programmes de 18 mois, afin d’améliorer la cohérence des travaux de l’institution. Certains doutent pourtant de l’efficacité du système.
Autre élément du système de trio : les groupements comptent en général au moins un nouvel État membre et un ancien. Cette fois-ci, deux des États, la Bulgarie et l’Estonie, occuperont pour la première fois la présidence. L’Estonie a intégré l’UE en 2004 et la Bulgarie en 2007. La présidence estonienne commence le 1er juillet et sera suivie le 1er janvier par la présidence bulgare.
C’est au départ le Royaume-Uni qui aurait dû prendre la présidence le 1er juillet, mais il a été décidé de sauter cette présidence suite au vote du Brexit.
Plein feux sur les nouvelles technologies pour l’Estonie
Lors du Conseil « Affaires générales » du 20 juin, Matti Maasikas, vice-ministre estonien pour les Affaires européennes, a déclaré que son pays « essaierait d’être révolutionnaire » et d’avoir « un programme court et spécifique ».
Les questions de migration et de sécurité font clairement partie des priorités de Tallinn, qui compte aussi se pencher sur l’approfondissement du marché unique. Ce n’est pas une surprise, étant donné que l’Estonie a décidé de tout miser sur la technologie pour transformer son économie et son gouvernement.
« Nous prenons très au sérieux la déclaration commune qui vise l’application d’un marché unique numérique connecté pour tous d’ici fin 2018. Nous nous concentrerons sur une plus grande utilisation des e-solutions et sur la libre-circulation des données, ainsi que sur le développement de e-services et e-commerce international », a expliqué Matti Maasikas.
Le diplomate précise que son pays voit déjà au-delà de 2018. Il espère que le sommet numérique qui aura lieu à Tallinn le 29 septembre sera l’occasion de discuter de la meilleure manière d’adopter les changements technologiques et tous les avantages qu’ils offrent. En ce qui concerne la sécurité numérique, les trois présidences se concentreront sur l’amélioration des fonctionnalités et de l’interopérabilité des grands systèmes IT existants ou inédits.
À un autre niveau, Matti Maasikas a indiqué que le Conseil continuerait à se pencher sur la lutte contre le terrorisme et la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent.
La Bulgarie mise sur la cohésion
Liliana Pavlova, la ministre bulgare chargée de la présidence de son gouvernement, a déclaré que la préservation et le renforcement de l’unité et de la solidarité européenne serait la priorité de son pays. La présidence bulgare sera axée sur une « Europe pour tous ».
Sofia entend se concentrer sur l’obtention de compromis pour des sujets comme l’immigration, l’avenir de la politique de cohésion et le marché unique numérique. La Bulgarie est l’État membre le plus pauvre, et attache donc beaucoup d’importance à la politique de cohésion.
Contrairement aux pays du groupe de Visegrád (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), la Bulgarie a accepté de participer à la relocalisation des migrants arrivés en Grèce, alors que le pays est lui-même un pays d’arrivée.
En tant que pays des Balkans, la Bulgarie soutient la politique européenne dans la région, a ajouté Liliana Pavlova. Le pays accueillera dans les mois à venir un événement important sur la justice et les affaires intérieures avec les pays candidats des Balkans occidentaux.
Les citoyens au cœur de la présidence autrichienne
Michael Linhart, secrétaire général aux affaires européennes du ministère autrichien des Affaires étrangères, utilise beaucoup le mot « citoyens » pour décrire le programme de Vienne. L’Autriche entend en effet se concentrer sur « les questions les plus pressantes », ce qui inclut la sécurité, « comme l’attendent les citoyens ».
« Nous sommes la dernière présidence du trio [du 1er juillet au 31 décembre 2018] et hériterons des dossiers ouverts », souligne le diplomate.
En ce qui concerne l’immigration, l’Autriche n’a pas attendu de consensus européen et a pris les choses en mains, avec les pays des Balkans, pour barrer la voie aux migrants en fermant les frontières.
Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission, a assuré que l’exécutif européen se félicitait du programme du trio, parfaitement aligné sur sa stratégie. Ce programme pourra s’appuyer sur l’« excellent travail » des présidences maltaise et slovaque, a-t-il ajouté.
La Commission entre dans la deuxième moitié de son mandat, et il est important de se concentrer sur les résultats concrets à atteindre pour les citoyens, comme la création d’emplois via le marché unique, a-t-il conclu.