Et si la Wallonie devenait française?

Quel avenir pour la Belgique? C’est la question que se posent de nombreux Belges alors que leur pays est toujours sans gouvernement, cinq mois après les élections législatives. Quoi qu’il en soit, en cas d’éclatement de la Belgique, 54% des Français seraient favorables au rattachement de la Wallonie (la partie francophone) à la France, selon un sondage.

Quel avenir pour la Belgique? C’est la question que se posent de nombreux Belges alors que leur pays est toujours sans gouvernement, cinq mois après les élections législatives. Quoi qu’il en soit, en cas d’éclatement de la Belgique, 54% des Français seraient favorables au rattachement de la Wallonie (la partie francophone) à la France, selon un sondage.

En  bref :

La question est étrange et pourtant bien d’actualité. En cas d’éclatement de la Belgique, « seriez-vous favorable ou pas favorable au rattachement de la Wallonie, c’est-à-dire des provinces francophones, à la France? », a demandé l’institut Ifop à un panel de Français, à l’occasion d’un sondage réalisé pour le Journal du Dimanche, le 11 novembre.

Le résultat est net : 54% des Français seraient favorables au rattachement de la Wallonie à la France en cas de division du pays. 10% y sont « tout à fait favorables, 44% « plutôt favorables ».

Dans les départements frontaliers avec la Belgique, le chiffre grimpe même jusqu’à 66%, dont 21% de « tout à fait favorables ».

Reste que cette possibilité n’est évidemment pas celle privilégiée en Wallonie, dont le gouvernement cherche avant tout à sauvegarder l’unité belge.

La Belgique est composée de trois communautés linguistiques  : francophone (40%), flamande (60%) et germanophe (40 000 personnes).

Depuis la création du pays en 1830, la cohabitation a toujours été difficile. Si les francophones ont longtemps dominé politiquement et économiquement le pays, la tendance s’est inversée depuis la fin des Trente Glorieuses.  

Une crise persistante

La Belgique est sans gouvernement (hormis pour les affaires courantes) depuis les élections législatives du 10 juin dernier.

Le leader du parti flamand des chrétiens démocrates (CD&V) et vainqueur des élections, Yves Leterme, a été désigné par le roi Albert II pour former un gouvernement, pour le moment sans succès. Les divergences entre Flamands et Wallons étant encore trop grandes.

Vote historique

Depuis le 7 novembre dernier, la crise est encore plus profonde. Lors de la session en commission parlementaire, les partis flamands (de l’extrême droite aux socialistes, les Verts exceptés) ont voté la scission de l’arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV), qui permet à environ 120 000 à 150 000 francophones vivant en Flandre, mais en périphérie de la capitale belge (francophone à 85 ou 90 %), de voter pour des partis francophones et d’être jugé dans leur langue.

L’objectif des Flamands, qui veulent réformer l’État belge pour donner encore plus d’autonomie aux régions, est de délimiter clairement les frontières linguistiques.

Les Francophones sont opposés à cette idée. Celle-ci constitue selon eux un pas de plus vers la scission définitive de la Belgique. Un recours a d’ores et déjà été déposé afin de repousser son application.

C’est la première fois que la tension entre les deux communautés atteint ce niveau.

Reprise des négociations ?

La presse belge est critique envers l’attitude des politiques. Elle soupçonne en effet une mise en scène de ce vote, qui permettrait de geler les négociations sur ce sujet, sans qu’aucune des deux parties n’ait perdu la face.

Ce sujet écarté, il serait maintenant possible aux négociateurs de former un gouvernement et de mettre un terme à la plus longue crise gouvernementale belge.

Le roi Albert II tente pour sa part de relancer la formation du gouvernement en recevant les différents chefs de partis. Mais son rôle reste toujours mineur.