Eurobonds : nouvelle contre-proposition de chercheurs allemands
L’Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande s’endettent à des taux très bas, leurs titres souverains étant devenus des valeurs refuges dans la zone euro. Des pays en situation difficile pourraient en bénéficier, selon une étude.
L’Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande s’endettent à des taux très bas, leurs titres souverains étant devenus des valeurs refuges dans la zone euro. Des pays en situation difficile pourraient en bénéficier, selon une étude.
Le débat sur la mutualisation de la dette bat son plein en Allemagne. Avant le dernier Conseil européen des 28 et 29 juin, la chancelière Angela Merkel avait déclaré que les euro-obligations, forme la plus complète d’une mise en commun des dettes, ne verrait pas le jour, « aussi longtemps que je vivrai ».
Quelques jours plus tard, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a nuancé ce discours. Selon lui, une politique budgétaire européenne est un préalable aux dettes communes, a-t-il déclaré vendredi 29 juin devant les parlementaires du Bundestag.
Les libéraux allemands, qui font partie du gouvernement de coalition d’Angela Merkel, restent opposés à cette option. Quant à l’opposition du SPD, elle n’est pas favorable à une mise en commun sans limite des dettes.
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Alternatives
Toutefois, différentes alternatives aux euro-obligations sont sur la table et pourraient faire l’objet d’un compromis entre États européens dans les années à venir. Le fonds d’amortissement de la dette, les blue bonds et les eurobills sont les plus connus.
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Mais la liste s’allonge. Friedrich Heinemann du Centre de recherche allemand « ZEW » a présenté, lundi 2 juillet, une autre proposition.
Depuis le début de la crise, les obligations allemandes sont devenues des valeurs refuges et leur taux ont baissé, permettant ainsi à l’Allemagne de d’économiser de l’argent. Le mécanisme imaginé par ZEW prévoit qu’une partie de ces sommes soit versée aux États du Sud de l’Europe, notamment l’Italie et l’Espagne. Au bout du compte, les fameux spreads, c’est-à-dire l’écart entre les taux payés par l’Allemagne et les pays en difficulté, seraient moins importants qu’aujourd’hui.
Le fonds
Dans la pratique, les États payant peu cher pour emprunter sur les marchés approvisionneraient un fonds, qui interviendrait automatiquement en faveur d’un pays dont le taux dépasse un certain seuil jugé critique.
Selon les calculs du chercheur, 5,7 milliards d’euros devraient être transférés à travers le fonds à l’Espagne et à l’Italie en 2012, si le seuil critique est établi à 5%. L’Allemagne payerait 5,1 milliards d’euros, les Pays-Bas 451 millions, et la Finlande 134 millions.
Faute d’une harmonisation complète des taux payés pour s’endetter, la solution maintiendrait une certaine pression des marchés sur les gouvernements, contraints de poursuivre l’assainissement budgétaire. Pour pouvoir bénéficier du mécanisme de rééquilibrage des taux, les pays devraient par ailleurs poursuivre un programme de réformes.