Eurogroupe : de l’argent pour la Grèce et Chypre, pressions sur la Slovénie
Chypre va recevoir une première tranche de 3 milliards d’euros. 7,5 milliards supplémentaires seront aussi versés à la Grèce qui devrait atteindre ses objectifs budgétaires pour 2013-2014.
Chypre va recevoir une première tranche de 3 milliards d’euros. 7,5 milliards supplémentaires seront aussi versés à la Grèce qui devrait atteindre ses objectifs budgétaires pour 2013-2014.
Réunis à Bruxelles lundi 13 mai, les ministres des Finances de la zone euro se sont penchés sur le sort des pays en difficulté.
Nouveaux efforts en vue
Après avoir reçu un rapport de la Commission européenne affirmant que la Grèce devrait respecter ses engagements budgétaires pour 2013-2014, les Dix-Sept ont approuvé le versement d’une nouvelle tranche de l’aide. Athènes va recevoir 7,5 milliards d’euros d’ici juin prochain.
« La Grèce avait réalisé de nouveaux progrès substantiels dans la mise en oeuvre des réformes fiscales et structurelles établies selon les conditions politiques convenues » affirme le communiqué de l’Eurogroupe.
Toutefois, selon les experts de l’exécutif européen, de nouveaux efforts seront nécessaires pour que la Grèce atteigne ses objectifs pour 2015-2016. Les économies seraient de l’ordre de 1,8% de son PIB pour la première année, 2,2% pour la seconde.
Toute exigence de nouvelles mesures d’économies pourrait créer des tensions entre Athènes et ses créanciers. La fragile coalition au pouvoir estime que la société grecque ne pourrait tolérer de nouvelles mesures d’austérité après trois années de réduction drastique des dépenses de l’Etat et des salaires.
Règles mal appliquées
Concernant Chypre, les ministres des Finances ont validé le versement de la première tranche du plan de sauvetage de 10 milliards d’euros, approuvé en avril dernier. L’île va recevoir 3 milliards d’ici le mois de juin.
Malgré ce point positif, Nicosie continue d’être critiquée pour son laxisme dans la lutte contre le blanchiment d’argent. Le président de l’Eurogroupe, le néerlandais Jeroem Dijsselbloem, a cité un rapport confidentiel du Conseil de l’Europe. Le cadre légal chypriote serait inadéquat et « sa mise en œuvre insuffisante ».
Ca ne suffira pas
Autre pays de la zone euro devant faire face à des difficultés, la Slovénie a aussi été au cœur des discussions. Le gouvernement a annoncé la semaine dernière un vaste programme de privatisations et un relèvement de deux points de la TVA mais a différé les réductions de dépenses publiques qui, pour beaucoup d’experts, sont indispensables pour stabiliser ses finances.
Le secteur bancaire, contrôlé par l’Etat, ploie sous sept milliards d’euros de créances douteuses et a besoin d’être rapidement recapitalisé.
Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, a estimé lundi matin que le pays pouvait s’en sortir sans passer par un plan d’aide international mais qu’il lui faudrait adopter de douloureuses mesures d’austérité.
« La Slovénie dit (…) qu’elle n’a pas besoin de programme d’aide. Je pense qu’elle a raison mais il faut mettre en place les bonnes mesures », a-t-il dit quelques heures plus tard à son arrivée à la réunion régulière des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles.
« Ce n’est pas facile, pour aucun pays », a-t-il ajouté.
En privé, des responsables de l’UE sont plus sévères et jugent que le train de mesures annoncé le 9 mai ne suffira pas.