Européennes : Raphaël Glucksmann rejette une liste commune avec LFI

Le député européen Raphaël Glucksmann (Place Publique/S&D) a rejeté mardi (9 mai) une liste commune avec La France insoumise (LFI) aux élections européennes de 2024, estimant que les divergences avec les Insoumis sont trop importantes.

EURACTIV France avec AFP
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M. Glucksmann a écarté une liste commune avec les Insoumis pour des questions de "sincérité et de fond". [European Union 2023/Parlement européen/Alain Rolland]

Le député européen Raphaël Glucksmann (Place Publique – S&D) a rejeté mardi (9 mai) une liste commune avec La France insoumise (LFI – La Gauche unie) aux élections européennes de 2024, estimant que les divergences politiques sont trop importantes.

« Nous, à Place publique, au Parlement européen […], nous ne pouvons pas imaginer partir au combat électoral avec des gens qui ont une vision si différente de la nôtre, de l’Europe », a affirmé sur France 2 l’eurodéputé.

M. Glucksmann a écarté une liste commune avec les Insoumis pour des questions de « sincérité et de fond », déplorant les propos de l’eurodéputée LFI Manon Aubry, qui a estimé ce week-end que le drapeau européen renvoyait « à une forfaiture démocratique ».

Cette déclaration fait suite à la proposition de loi du groupe Renaissance pour rendre obligatoires les drapeaux français et européen sur la façade des mairies. La mesure est contestée par les oppositions, mais aussi au sein de la majorité présidentielle. Les députés doivent se prononcer sur ce texte mardi soir.

« Ce drapeau européen est un symbole de liberté », considère M. Glucksmann. « C’est celui qui est agité par les Ukrainiens quand ils se battent pour leur liberté, […] par les Géorgiens quand ils manifestent pour sauver leur démocratie », a-t-il ajouté.

Il a ensuite été interrogé sur les élections européennes de l’an prochain, qui divisent l’alliance de gauche de la NUPES, avec des appels de LFI à faire une liste commune comme aux législatives de 2022.

Comme l’a rapporté EURACTIV France, les écologistes et les communistes sont sceptiques face à un tel projet, évoquant des différences fondamentales sur la construction européenne notamment. Les uns sont fédéralistes, tandis que les autres sont critiques des « traités libéraux ».

Au Parti socialiste (PS), certains poussent néanmoins pour qu’une liste unique puisse voir le jour, en particulier dans l’entourage du Premier secrétaire, Olivier Faure.

Dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde mardi, M. Faure estime que « les forces de la gauche et de l’écologie doivent converger avec les mobilisations sociales et citoyennes pour construire les prochaines victoires ».

Avec Nora Mebarek, co-présidente de la délégation socialiste française au Parlement européen — membre du groupe S&D —, le Premier secrétaire du PS juge que « les alliances sont possibles, sûrement souhaitables, mais c’est le projet qui les guide et non l’inverse ». Cela suppose un accord sur un programme avant de procéder aux discussions sur la constitution d’une liste unique.

Or Raphaël Glucksmann, qui avait dirigé une liste commune entre sa petite formation et le Parti socialiste aux européennes de 2019, rappelle à son tour les divergences de fond avec LFI :  qu’il s’agisse de « la défense européenne », du « régime de Vladimir Poutine » ou de la Chine, les sociaux-démocrates et les Insoumis ne pensent pas la même chose, avance-t-il.

Bien qu’il n’appartienne pas au PS, son avis est partagé par les rétifs à une liste unique. Au niveau européen, plusieurs cadres non français du groupe S&D sollicités par EURACTIV, ont refusé de s’exprimer à ce stade, y compris anonymement, sur l’éventualité d’une liste regroupant le centre-gauche et la gauche radicale en France.

En tout état de cause, la question des alliances une fois les élections passées se pose, surtout en ce qu’elle influence directement le choix de la nouvelle Commission.

La coopération traditionnelle entre le centre-gauche (S&D) et le centre-droit (PPE) semble s’étioler, la présidente des socialistes au Parlement européen dénonçant, dans un entretien accordé à EURACTIV Pologne, le rapprochement du PPE avec la droite dure et l’extrême droite.