Evasion fiscale: le G8 en parle mais n'agit pas

Les huit premières économies du monde souhaitent accentuer la coopération internationale sur les questions fiscales mais les instruments nécessaires à sa mise en place n'ont pas été évoqués.

EURACTIV.fr

Les huit premières économies du monde souhaitent accentuer la coopération internationale sur les questions fiscales mais les instruments nécessaires à sa mise en place n’ont pas été évoqués.

Des objectifs sans plan d’action. C’est ainsi qu’on pourrait résumer l’engagement des pays du G8 (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada et Russie) de lutter contre l’évasion fiscale.

Pas de mesures concrètes 

Les chefs d’Etat et de gouvernement se sont réunis les 17 et 18 juin en Irlande du Nord, à l’invitation du Premier ministre britannique, David Cameron.

Les conclusions du sommet insistent sur la une lutte commune contre le blanchiment d’argent et appellent à une meilleure transparence des comptes des grandes entreprises transnationales, l’échange automatique d’informations bancaires et fiscales ou encore la lutte contre les sociétés-écrans.

Cependant, bien que ces messages soient  « dissuasifs » selon François Hollande, ils ne sont pas accompagnés de mesures concrètes ou coercitives.

80 milliards d’euros pour la France par an

Le G8 se contente de rappeler les critères de l’OCDE et d’insister sur la nécessité de mettre un terme aux montages juridiques et fiscaux des grandes entreprises qui leur permettent d’échapper à l’impôt. Mais certains Etats qui taxent peu les bénéfices comme l’Irlande ne souhaitent pas d’harmonisation fiscale sur ces sujets.

De plus, les grandes puissances de la planète sont restées très reservés sur le sort des paradis fiscaux qui dépendent de leur autorité. En effet, l’Etat américain du Delaware, les îles anglo-normandes Jersey et Guernesey, les îles Vierges britanniques ou encore Monaco, n’ont pas été inquiétés par ce prétendu « grand pas » du G8.

La lutte contre l’évasion fiscale pourrait rapporter à la France jusqu’à 80 milliards d’euros par an et à l’Union européenne plus de 1000 milliards.