Face à la désindustrialisation, un influent lobby industriel exhorte l’UE à agir « très rapidement »
L’UE doit adopter « très rapidement » des mesures pour faire face à la « réalité » de la désindustrialisation qui s’opère en Europe, a averti mardi 3 décembre le secrétaire général de la Table ronde des industriels européens (ERT).
L’Union européenne (UE) doit adopter « très rapidement » des mesures pour faire face à la « réalité » de la désindustrialisation qui s’opère en Europe, a averti mardi 3 décembre le secrétaire général de la Table ronde des industriels européens (ERT), l’un des principaux lobbys industriels du continent.
Pour Anthony Gooch Gálvez, secrétaire général de l’ERT, les récentes fermetures d’usines automobiles et sidérurgiques en Allemagne démontrent que l’Europe est de moins en moins considérée comme un lieu attrayant pour investir. Un phénomène qu’il qualifie de « déseuropéanisation » de l’économie mondiale.
S’exprimant face à la commission du Commerce international (INTA) du Parlement européen, il a déploré le fait que « la réputation de l’UE en tant que lieu propice aux affaires s’est détériorée au point que les PDG des principales entreprises européennes doivent défendre leurs décisions d’investissement sur leurs propres marchés nationaux vis-à-vis de leurs investisseurs mondiaux ».
« La désindustrialisation est une réalité, et la déseuropéanisation fait partie de cette équation. Nous devons donc agir très rapidement », a-t-il ajouté.
Faisant écho à de récents témoignages d’entreprises, Anthony Gooch Gálvez a déclaré que les problèmes qui affligent les industries de l’UE sont, entre autres, un « environnement règlementaire trop complexe », un marché unique insuffisamment intégré et une politique européenne de la concurrence qui limite la capacité des entreprises à s’agrandir et à investir.
Il a appelé les décideurs politiques à être « beaucoup plus ambitieux et efficaces dans l’ouverture des marchés » dans les États membres de l’UE afin de stimuler les exportations des entreprises européennes et l’accès aux matières premières essentielles.
Dans une allusion à peine voilée à la Chine, il a noté que Bruxelles devrait également « s’attaquer activement aux politiques qui faussent le marché […] afin de maintenir et de rétablir des conditions de concurrence équitables ».
Les commentaires du secrétaire général font suite à l’aggravation de la crise économique et industrielle dans l’Union européenne, en particulier en Allemagne, première économie de l’Union et moteur de l’industrie manufacturière du bloc.
Selon les dernières prévisions de la Commission européenne, l’économie de l’UE ne devrait croître que de 0,9 % cette année, et l’Allemagne devrait enregistrer une décroissance de 0,1 %. À titre de comparaison, l’économie des États-Unis — autre grand concurrent de l’UE — devrait croître de 2,7 %.
Pacte pour une industrie propre
Selon un projet de calendrier officiel consulté par Euractiv, le Pacte pour une industrie propre (Clean Industrial Deal) annoncé par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen pour relancer l’industrie à la peine en Europe sera dévoilé par les vice-présidents exécutifs Teresa Ribera et Stéphane Séjourné à la fin du mois de février.
Pour James Watson, récemment nommé directeur général d’Eurometaux, une organisation représentant les producteurs de métaux non ferreux à travers l’Union, tout accord de ce type devrait inclure des subventions importantes pour les industries de l’Union.
« Partout dans le monde, des gens font des choses que nous ne faisons pas ici », a-t-il expliqué face à la commission INTA mardi.
« En Chine et aux États-Unis, l’argent va directement aux usines de transformation. Ce n’est pas le cas en Europe… Nous avons besoin de ce type d’outil si nous voulons être compétitifs », a-t-il ajouté, soulignant que les prix de l’énergie dans l’UE sont actuellement quatre fois plus élevés qu’aux États-Unis.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]