Face à Moscou, l’UE doit s’unir pour « riposter, contraindre et dialoguer »

Face à Moscou, l’Union européenne doit s’unir pour être capable à la fois de « riposter, contraindre et dialoguer », a affirmé mercredi (16 juin) le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell au moment où les présidents russe et américain se rencontrent à Genève.

Agence France Presse (AFP)
Russian President Vladimir Putin meets with Belarusian President Alexander Lukashenko
« Si les États membres approuvent ces recommandations, ils devront les faire respecter et ne pas laisser la Russie nous diviser », a souligné Josep Borrell. [EPA-EFE/MIKHAEL KLIMENTYEV]

Face à Moscou, l’Union européenne doit s’unir pour être capable à la fois de « riposter, contraindre et dialoguer », a affirmé mercredi (16 juin) le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell au moment où les présidents russe et américain se rencontrent à Genève.

Les relations de l’UE avec le gouvernement russe sont à « leur plus bas niveau », a-t-il constaté, en présentant son rapport sur une nouvelle approche des relations avec la Russie demandé par les dirigeants de l’UE pour leur sommet des 24-25 juin.

« Ces trois verbes représentent les lignes directrices de notre action », a souligné Josep Borrell. « Ce sont trois instruments d’un orchestre et il faut les jouer en même temps », a-t-il ajouté.

« J’espère que ces recommandations seront approuvées à l’unanimité. Il faudra ensuite les étoffer, les rendre concrètes », a-t-il expliqué.

« Si les États membres approuvent ces recommandations, ils devront les faire respecter et ne pas laisser la Russie nous diviser », a-t-il souligné.

« La Russie ne veut pas discuter avec l’Union européenne. Elle préfère parler directement avec certains de ses membres, ceux qui ont une certaine importance à ses yeux. L’UE doit faire preuve d’unité pour contraindre la Russie à discuter avec l’UE », a-t-il ajouté.

« Malheureusement, l’UE ne parvient pas toujours à trouver l’unité. Chaque État a ses intérêts et la tentation de certains est de faire cavalier seul », avait-il déploré dans un entretien avec l’AFP fin mai à Lisbonne.

Les Européens ont des leviers contre la Russie, a-t-il fait valoir mercredi. « 75% des investissements directs réalisés en Russie viennent d’entreprises européennes », a-t-il souligné. Les investissements européens ont représenté 311,4 milliards d’euros en 2019, selon les chiffres de la Commission.

« La Russie dépend par ailleurs de ses exportations de gaz et de pétrole, qui représentent 40% de son budget, et l’UE est un grand importateur », a-t-il ajouté. Ces achats à la Russie représentent 40% des importations de gaz et 26% des importations de pétrole de l’UE et représentent 25% du PIB de la Russie, selon la Commission.

Le gazoduc Nord Stream 2 entre l’Allemagne et la Russie est une des pommes de discorde au sein de l’UE.

« Il ne m’appartient pas de dire ce que l’Allemagne doit faire », a déclaré Josep Borrell, mais « Nord Stream 2 n’est pas une priorité pour l’UE car il n’améliore pas la diversification des sources d’approvisionnement de l’UE », a-t-il commenté.

La stratégie proposée par Josep Borrell a été publiée au début de la rencontre de Genève entre le président américain Joe Biden et le président russe Vladimir Poutine.

Joe Biden va présenter à son homologue rouge les « lignes rouges » adoptées mardi (14 juin) par les dirigeants des pays membres de l’Otan.