Fiasco du Stade de France : l’UEFA s’est concentrée sur l’accueil des supporters

Un an après le fiasco sécuritaire de la finale de la Ligue des champions 2022, l’UEFA a pris une série de mesures pour améliorer l’accueil des supporters, mais devra aussi, à plus long terme, repenser la désignation de ses pays hôtes.

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« Quand les gens arrivent au stade, l’idée est d’éviter que leurs seuls interlocuteurs soient des policiers anti-émeutes », décrypte auprès de l’AFP Ronan Evain, directeur exécutif de l’organisation Football Supporters Europe, qui travaille sur le sujet depuis des mois avec l’UEFA. [Shutterstock/ph.FAB]

Un an après le fiasco sécuritaire de la finale de la Ligue des champions 2022, l’UEFA a pris une série de mesures pour améliorer l’accueil des supporters, mais devra aussi, à plus long terme, repenser la désignation de ses pays hôtes.

Quelle responsabilité porte l’UEFA dans les incidents du Stade de France ?

Si le comportement des autorités françaises a concentré les critiques, notamment du côté des supporters de Liverpool victimes de vols et de violences et injustement mis en cause par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, l’UEFA porte la « responsabilité première des échecs qui ont quasiment mené au désastre », concluait mi-février une enquête indépendante au vitriol.

L’instance européenne, organisatrice du match le plus important de l’année sur le Vieux continent, « aurait dû surveiller, superviser et contribuer aux mesures de sécurité », avaient écrit les experts, quels que soient les manquements des autres acteurs de l’événement, depuis la gestion des transports jusqu’à l’usage de gaz lacrymogènes et de sprays au poivre contre des familles affolées.

L’UEFA s’en était excusée, promettant d’introduire « les changements appropriés », tout en annonçant début mars le remboursement de tous les billets des supporters de Liverpool ainsi, au cas par cas, que ceux des supporters du Real Madrid et des autres spectateurs « touchés par les difficultés d’accès au stade ».

Quelles leçons en a-t-elle tirées ?

Le 5 mai dernier, l’instance a présenté une série de mesures pour « renforcer la protection des supporters » lors des trois finales de compétitions européennes, celle de Ligue des champions le 10 juin à Istanbul, mais également de Ligue Europa le 31 mai à Budapest et de Ligue Europa Conférence le 7 juin à Prague.

Concrètement, outre une signalisation renforcée aux abords des stades, elle s’est engagée à déployer du personnel supplémentaire pour accueillir les spectateurs, « notamment » les familles et personnes handicapées, en intégrant les organisations de supporters dans la planification des rencontres.

« Quand les gens arrivent au stade, l’idée est d’éviter que leurs seuls interlocuteurs soient des policiers anti-émeutes », décrypte auprès de l’AFP Ronan Evain, directeur exécutif de l’organisation Football Supporters Europe, qui travaille sur le sujet depuis des mois avec l’UEFA.

Plus largement, l’organisation basée à Nyon promet de renforcer ses « exigences en matière de candidature des pays hôtes » — elle qui compte 55 fédérations membres, dans des pays aux cultures politique et policière très variées —, sans que ce point crucial ne soit encore très détaillé.

Un tel fiasco peut-il se reproduire ?

Comme toutes les organisations sportives, l’UEFA demeure dépendante des hôtes de ses compétitions, surtout en matière de maintien de l’ordre où elle se heurte directement au domaine régalien et aux pratiques policières locales, sur lesquelles elle n’a aucune prise.

« La question de fond, c’est l’opportunité de confier de tels événements à des régimes autoritaires », même quand ils sont très enclins à les accueillir pour en tirer un prestige politique, souligne un bon connaisseur des instances du football.

À cet égard, la finale de C1 prévue à Istanbul ne rassure pas entièrement les observateurs, surtout avec le souvenir de la Supercoupe de l’UEFA 2019 accueillie au Besiktas Park, remportée par Liverpool face à Chelsea : « Une heure et demie avant le match, le commandement turc avait remplacé les stewards par des policiers pour les fouilles », qui ne « parlaient pas anglais et avaient confisqué des écharpes et drapeaux » dans une certaine confusion, raconte la même source.

Rien ne permet pour l’heure d’empêcher un tel scénario, même si l’UEFA compte exiger dans ses « futurs documents de candidature » que chaque hôte de ses finales « s’engage à agir conformément à la philosophie » de la Convention du Conseil de l’Europe sur la sécurité des matches de football, « même si son pays n’y a pas adhéré ».