Niger : La France « affirme son plein soutien » au déploiement d’une force en attente par la Cedeao

La France « affirme son plein soutien » à la décision de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) d'actionner une force militaire en attente aux frontières du Niger, a annoncé le ministère des Affaires étrangères jeudi soir.

Euractiv France
NIgeria hosts ECOWAS meeting
Les dirigeants ouest-africains, réunis pour un deuxième « sommet extraordinaire » jeudi (10 août) consacré à la situation au Niger, ont « donn[é] instruction [d’activer] sans délai la Force en attente de la Cedeao, avec tous ses éléments », et « ordonn[é son] déploiement [...] pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel en République du Niger », selon le communiqué final. [[STR/EPA-EFE]]

La France « affirme son plein soutien » à la décision de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) d’actionner une force militaire en attente aux frontières du Niger, a annoncé le ministère des Affaires étrangères jeudi soir (10 août).

« La France réitère sa ferme condamnation de la tentative de putsch en cours au Niger, ainsi que de la séquestration du Président [Mohamed] Bazoum et de sa famille », souligne un communiqué du Quai d’Orsay.

Fin juillet, un coup d’État militaire au Niger a vu le général Abdourahamane Tiani renverser et séquestrer le président en fonction démocratiquement élu, Mohamed Bazoum.

Le coup d’État a été vivement critiqué par la communauté internationale, qui rejette la légitimité du général Tiani.

La Cedeao, coalition de 15 membres créée en 1975 pour renforcer les liens économiques entre pays d’Afrique de l’Ouest, n’a cessé d’exiger la « libération et la réintégration immédiates » de M. Bazoum, menaçant de recourir à la force si la junte militaire ne rendait pas les armes.

La coalition avait fixé un ultimatum dimanche dernier (6 août) avant une éventuelle intervention militaire. Celle-ci ne s’était pas matérialisée pour autant, dans l’espoir qu’un règlement pacifique aboutisse.

Les dirigeants ouest-africains, réunis pour un deuxième « sommet extraordinaire » jeudi (10 août) consacré à la situation au Niger, ont « donn[é] instruction [d’activer] sans délai la Force en attente de la Cedeao, avec tous ses éléments », et « ordonn[é son] déploiement […] pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel en République du Niger », selon le communiqué final.

La Force en attente est composée d’éléments militaires, policiers et civils, déployés afin d’assurer une stabilité militaire et politique dans la région.

Les dirigeants de la Cedeao ont en outre condamné à nouveau le coup d’État et confirmé le maintien des sanctions économiques à l’encontre du Niger, soulignant toutefois leur « détermination à maintenir ouvertes toutes les options en vue d’un règlement pacifique de la crise ».

« L’UE réitère sa profonde inquiétude face à la détérioration des conditions de détention du Président Mohamed Bazoum et sa famille qui, selon les dernières informations, seraient privés de nourriture, d’électricité et de soins depuis plusieurs jours », a déclaré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, appelant à leur « libération immédiate et sans condition ».

Le Burkina Faso et le Mali n’ont pas pris part aux délibérations. Les deux pays avaient prévenu qu’ils s’opposeraient à toute attaque militaire contre la junte nigérienne.

Quant à l’ancien ambassadeur français Gérard Araud, il expliquait à EURACTIV lors d’une interview la semaine dernière ne pas croire en une intervention militaire.

« La Cedeao a des moyens militaires extrêmement réduits. Il faudrait que la France lui fournisse un soutien logistique […] mais ça serait une intervention déguisée […] et honnêtement, je n’y crois pas », a ajouté le diplomate.

La France est au cœur de la crise nigérienne, suite à une décennie d’engagement militaire au Sahel pour combattre la montée du djihadisme. Les coups d’État de 2020 au Mali et de 2022 au Burkina Faso ont largement témoigné de l’échec français à atteindre les objectifs militaires de l’opération « Barkhane », suscitant la colère des populations locales — à tel point que le président français Emmanuel Macron a annoncé la fin progressive de l’opération en novembre 2022.