François Hollande et Angela Merkel tenteront de trouver une solution pour la zone euro

La chancelière allemande, Angela Merkel, était attendue à Paris jeudi (30 mai) en vue de discuter avec le président français, François Hollande, de nouvelles idées afin d’améliorer la gestion de la zone euro et de relancer l’industrie européenne.

EURACTIV.com / Reuters
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La chancelière allemande, Angela Merkel, était attendue à Paris jeudi (30 mai) en vue de discuter avec le président français, François Hollande, de nouvelles idées afin d’améliorer la gestion de la zone euro et de relancer l’industrie européenne.

À Paris, les deux dirigeants recevront des recommandations d'un groupe d'industriels français et allemands qui visent à promouvoir des fleurons de l'industrie européenne en mesure de rivaliser avec leurs concurrents américains et asiatiques sur le marché mondial. 

En outre, la discussion bilatérale abordera longuement les réformes destinées à renforcer la zone euro, qui vient à peine de commencer à sortir de trois années de crise de la dette souveraine. Cette crise a d'ailleurs failli faire imploser la zone euro.

Les deux chefs de file avaient promis en janvier de présenter des propositions communes sur une coopération renforcée de la zone euro, la stimulation de la compétitivité industrielle et la création d’emplois en amont d’un sommet de l’UE les 27 et 28 juin.

Quelques détails de ces projets ne sont pas encore bien définis et des représentants des deux pays ont minimisé en privé les espoirs d'une initiative politique européenne majeure en amont des élections de septembre en Allemagne, au cours desquelles Angela Merkel briguera un nouveau mandat.

François Hollande sur le pied de guerre

Lors d'une conférence de presse observée de près le 16 mai, François Hollande a proposé un gouvernement économique de la zone euro avec un budget propre, le droit d'emprunter, un système d’imposition harmonisé, et un président à temps plein.

M. Hollande a déclaré qu'un tel gouvernement économique débattrait des grandes décisions politiques et économiques entre les États membres, harmoniserait les politiques nationales en matière de budget et d'aide sociale et lancerait un plan de lutte contre la fraude fiscale.

Le président français a reconnu qu'il serait confronté à l'opposition de l'Allemagne, la puissance européenne dominante, qui rejette la mutualisation de la dette entre les États membres. Berlin refuse également d'accorder un secrétariat propre à la zone euro par crainte de divisions accrues au sein de l'UE, entre les 17 États qui partagent la monnaie unique et les 10 autres.

Angela Merkel et une intégration politique à plus long terme

La chancelière allemande estime pour sa part que la crise de la zone euro ne pourra pas être surmontée sans une modification du traité visant à transférer de nouvelles compétences, comme la discipline budgétaire, aux institutions européennes.

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Elle est soutenue par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui a préconisé une « intégration politique et institutionnelle renforcée » et le développement d'une « véritable union politique » par le biais d'une modification du traité de l'UE.

En novembre 2012, il avait présenté son point de vue sur l'avenir de la zone euro. Il avait déclaré qu'il était important de compléter les mesures à court terme de lutte contre la crise dans des pays en difficulté par une vision à plus long terme en vue de renforcer l’intégration économique et monétaire.

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L'idée de création d'un budget spécifique pour la zone euro, qui procurerait les outils financiers adéquats en vue d'atteindre les réformes économiques dans des pays en difficulté, est largement acceptée. Un « ministère des finances au sein de la Commission » se chargerait du contrôle et de la gestion de ce budget.

L'Allemagne et la France se sont toutefois opposées publiquement à propos du contenu des réformes. Angela Merkel préconise une « union politique » à plus long terme alors que François Hollande met l'accent sur des mesures à court terme en vue de relancer l'économie et de lutter contre le chômage.

Le président français s'est également prononcé en faveur d'une « solidarité » renforcée. Il a ajouté que la zone euro avait besoin d'un instrument de mise en commun de la dette afin de réduire les coûts d'emprunt des économies en difficulté. Berlin s'est opposée à cette proposition, qui ne pourrait être mise en œuvre qu'à l'issue d'un processus d'intégration politique accompagné d'un transfert de pouvoirs à Bruxelles.

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