François Hollande maintient le cap d’une Europe à 17 plus solidaire

La conférence des ambassadeurs a été l’occasion de préciser les grandes priorités européennes de la France. Une vision qui tranche avec les projets défendus Outre-Rhin.

EURACTIV.fr
adc6ee5340c63fb57187f779afce0113.jpg
adc6ee5340c63fb57187f779afce0113.jpg

La conférence des ambassadeurs a été l’occasion de préciser les grandes priorités européennes de la France. Une vision qui tranche avec les projets défendus Outre-Rhin.

A Paris comme à Berlin, l’Union politique est plébiscitée. Mais les deux capitales s’opposent sur son contenu. Quand l’Allemagne ressuscite depuis quelques jours la proposition enterrée par Nicolas Sarkozy de soumettre les budgets nationaux au contrôle de la Cour de justice européenne, la France plaide pour une solidarité accrue en Europe et des contrepouvoirs parlementaires nationaux.

Mutualisation de la dette

En juin dernier, Herman Van Rompuy avait tendu une perche bien accueillie par Paris. « La feuille de route pour l’approfondissement de l’union économique et monétaire dont nous allons discuter d’ici la fin de l’année, c’est déjà un  premier pas dans cette démarche », a expliqué François Hollande dans un discours prononcé à la Conférence des ambassadeurs, le 27 août.

« Cet approfondissement doit aussi nous permettre de mettre en place des instruments de solidarité. A terme, je pense que l’union budgétaire devra évoluer vers une mutualisation des dettes », a-t-il poursuivi. Un projet âprement contesté en Allemagne, où la responsabilité individuelle de chaque État face aux emprunts nationaux reste la vision dominante.

Union resserée

A plus court terme, le président français mise également sur une mise en œuvre rapide des décisions prises au conseil européen du 28 juin. « Un accord existe pour que le mécanisme européen de stabilité, en coopération avec la Banque centrale européenne, puisse intervenir pour réduire les taux d’intérêt des dettes souveraines lorsqu’ils deviennent prohibitifs. » En clair, François Hollande cible les rachats de dette, qui pourraient soulager l’Espagne voire l’Italie.

Les divergences avec l’Allemagne transparaissent également au plan institutionnel. Berlin continue de se projeter vers l’élection au suffrage universel du président de l’UE, quand la France plaide pour une Union resserrée autour de la zone euro.

A ce titre, le rôle de l’Eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances des 17 « doit être renforcé », estime M.Hollande. « Je propose également  que les chefs d’État et de gouvernement se réunissent beaucoup plus régulièrement lorsqu’il s’agit de la zone euro et pas simplement deux fois dans l’année ».

Division du PS

La perspective d’un contrôle accru des budgets nationaux, expression même de la souveraineté des États, ne doit pas déboucher sur un détricotage du pouvoir des parlementaires. « La conférence qui permet de réunir Parlements nationaux et Parlement européen est une très bonne initiative », a-t-il ajouté. Suffira-t-elle ? Les parlementaires français auront le loisir d’en débattre amplement cet automne, car l’Elysée soumettra le traité budgétaire européen aux élus début octobre.

Au sein de l’aile gauche du PS, portée par le courant de la « gauche durable », le débat fait rage. Une quinzaine de députés, nationaux comme européens (Laurence Rossignol, Olivier Dussopt, Pervenche Berès…) ont déjà fait connaître leur hostilité au texte, qui condamne selon eux les pays européens à l’austérité.