François Hollande rencontre Mario Monti pour contrer Angela Merkel
Hier (14 juin), le président français, François Hollande, a rencontré le premier ministre italien, Mario Monti. Il apparaît donc clairement qu'il construit des alliances avec les dirigeants italien et espagnol qui le soutiennent dans sa contestation des mesures d'austérité imposées par l'Allemagne.
Hier (14 juin), le président français, François Hollande, a rencontré le premier ministre italien, Mario Monti. Il apparaît donc clairement qu'il construit des alliances avec les dirigeants italien et espagnol qui le soutiennent dans sa contestation des mesures d'austérité imposées par l'Allemagne.
M. Hollande a fait savoir que ses opinions convergeaient vers celles de son hôte italien, a rapporté la presse française. Sa délégation s'est quant à elle montrée optimiste quant à l'issue du sommet européen des 28 et 29 juin prochains. Lors de cette réunion, les dirigeants européens devraient se mettre d'accord sur un calendrier pour le renforcement de l'intégration européenne et sur des mesures de discipline budgétaire et de croissance.
M. Hollande a présenté à M. Monti les détails de ses propositions au Conseil européen, idées qu'il a déjà soumises à Herman Van Rompuy.
Ses propositions reposent sur trois principes : le retour à la croissance, la stabilité financière et, à plus long terme, le renforcement de l'union économique et monétaire.
« Nous avons besoin d'imagination et de créativité pour trouver de nouveaux instruments financiers », a déclaré le président français à Rome lors d'une conférence de presse aux côtés de M. Monti.
Il a de nouveau mentionné l'émission d'euro-obligations, une idée à laquelle l'Allemagne reste farouchement opposée en l'absence d'une gouvernance économique commune dans la zone euro. M. Hollande a également réclamé que le fonds de sauvetage permanent de l'Union, le MES, qui devrait entrer en vigueur le mois prochain, dispose d'une licence bancaire pour pouvoir emprunter de l'argent à la BCE dans le but d'accroître sa puissance de feu.
« Pour renforcer l'union budgétaire, il existe de nombreuses options, comme une taxe sur les transactions financières ou l'émission de dette commune sous la forme d'euro-obligations, de bons du Trésor européen ou d'un fonds d'amortissement », a expliqué M. Hollande.
M. Monti a affirmé partager ces objectifs et il a ajouté que leurs désaccords restaient « purement techniques ».
Une réunion organisée à Rome avec M. Monti, M. Hollande, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, devrait permettre d'avancer vers un compromis, voire un consensus.
Les médias internationaux ont rapporté que le président français n'avait pas suivi les principes de la diplomatie, dans la mesure où il avait totalement chamboulé ses relations avec le gouvernement allemand affaibli.
Le socialiste a adopté sa propre proposition sur la crise de la zone euro, alors que Paris était du côté de Berlin depuis des années. Président depuis seulement un mois, M. Hollande a risqué d'offenser la chancelière allemande de centre-droit en invitant les leaders de l'opposition sociale-démocrate (SPD) à l'Elysée le 13 juin dernier pour discuter des politiques à adopter dans la zone euro.
Cette réunion informelle, qui a suivi une rencontre entre les dirigeants du SPD et le premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, a été considérée comme une entorse au protocole. Un président fraîchement élu se devrait normalement d'accueillir la chancelière avant qu'il ne soit question de rencontre l'opposition allemande.
Reuters a expliqué que M. Hollande avait pris cette décision pour se venger du refus de Mme Merkel de le rencontrer lorsqu'il était en campagne contre son prédécesseur conservateur, Nicolas Sarkozy.
Les figures françaises de l'opposition ont clamé que cette réunion avait affaibli les liens entre la France et l'Allemagne.