G20 : les négociations sur le financement climatique patinent [FR]
Samedi (5 septembre), les différences entre les pays riches et en développement ont empêché les ministres des Finances du G20 de se mettre d’accord sur des mesures afin de restreindre le réchauffement mondial, remettant encore un peu plus en cause les efforts déployés par les Nations Unies pour mettre au point au nouveau traité climatique.
Samedi (5 septembre), les différences entre les pays riches et en développement ont empêché les ministres des Finances du G20 de se mettre d’accord sur des mesures afin de restreindre le réchauffement mondial, remettant encore un peu plus en cause les efforts déployés par les Nations Unies pour mettre au point au nouveau traité climatique.
Les nations industrialisées ont cherché à progresser sur le financement du changement climatique lors de la réunion des ministres des Finances du G20 mais ils ont eu à faire à la résistance des nations émergentes, notamment la Chine et l’Inde, qui craignent que les propositions n’étouffent leur croissance économique, selon deux sources proches du G20.
Les ministres expliquent dans leur déclaration finale qu’ils travailleront afin qu’un résultat positif soit trouvé lors de la Conférence des Nations Unies à Copenhague en décembre, qui vise à définir un nouveau traité sur le changement climatique pour succéder au Protocole de Kyoto.
Le ministre britannique des Finances, Alistair Darling, a déclaré qu’il y avait eu des discussions très substantielles sur le sujet mais qu’aucune mesure spécifique n’avait été prise.
Je suis également un peu déçu par le manque d’engagement positif aujourd’hui, a déclaré le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia.
Le ministre suédois des Finances, Anders Borg, représentant l’Union européenne, a admis que le résultat n’était pas satisfaisant.
Nous aurions été très heureux d’aller plus loin que ce dont nous avons été capables lors de cette rencontre, a-t-il ajouté.
Pas l’endroit, pas le moment ?
Le président des Etats-Unis Barack Obama a déclaré en juillet que les ministres des finances devraient rendre des comptes sur la question du financement climatique lors du sommet des dirigeants du G20 des 24 et 25 septembre qui doit se tenir dans la ville américaine de Pittsburgh, soulevant des attentes de progrès ce week-end à Londres.
Le ministre russe des Finances Alexei Kudrin a déclaré qu’il y avait eu désaccord sur l’opportunité de débattre de la question dans un forum tel que le G20.
Certains participants pensaient que nous devions prendre des engagements forts sur cette question, y compris la possibilité d’augmenter les ressources qui y sont allouées. Les autres estimaient que cette discussion, que ces discussions, devraient avoir lieu à Copenhague, a déclaré aux reporters M. Kudrin.
Des sources du G20 ont déclaré que la Chine et l’Inde étaient parmi ceux qui étaient contre des discussions approfondies sur le changement climatique.
Dans une déclaration en date de vendredi, les ministres des Finances brésilien, russe, indien et chinois ont affirmé que la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC) , qui prévoit la mise en place d’un nouveau traité, devait être le principal forum pour les négociations sur le changement climatique.
Cependant, les nations en développement se montrent suspicieuses quant à la volonté des pays riches d’éviter de payer la totalité du montant nécessaire pour réduire les émissions de CO2 et minimiser les impacts du changement climatique, essayant de faire peser une partie de la charge financière sur eux.
De nombreux pays en développement sont inquiets du fait que la question mondiale du changement climatique puisse réduire leur capacité à s’industrialiser sans créer des coûts supplémentaires, a déclaré vendredi le ministre indonésien des Finances Sri Mulyani Indrawati.
Les nations en développement sont particulièrement sceptiques quant aux propositions visant à faire financer le combat contre le changement climatique par le secteur privé. Ils souhaitent que les gouvernements des pays développés mettent la main à la poche et déboursent l’argent nécessaire.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV.)