Galiléo piétine après le désengagement des industriels [FR]
A la veille de la date butoir du 10 mai, la Commission envisage de prendre la relève du projet européen de navigation par satellite, Galiléo, le regroupement d'industriels n'étant pas parvenu à s'entendre sur le partage des risques financiers de ce projet en difficulté.
A la veille de la date butoir du 10 mai, la Commission envisage de prendre la relève du projet européen de navigation par satellite, Galiléo, le regroupement d’industriels n’étant pas parvenu à s’entendre sur le partage des risques financiers de ce projet en difficulté.
Michele Cercone, porte-parole du commissaire européen au transport Jacques Barrot, a indiqué le 7 mai, soit quelques jours avant l’échéance du 10 mai accordée au consortium Galiléo pour déterminer la direction du projet, rassemblant de grands industriels : « Nous considérons que le scénario actuel ne pourra pas fonctionner ».
Les entreprises formant ce consortium Galiléo, à savoir AENA, Alcatel-Lucent, EADS, Finmeccanica, Hispasat, Inmarsat, TeleOp et Thales, ont signalé leur désengagement du projet européen offrant une alternative au système de GPS américain, soutenant qu’ils devraient supporter la plus lourde part des risques financiers sans que le retour sur investissement soit clairement garanti.
Selon le ministre allemand des transports, Wolfgang Tiefensee, a déclaré : « Galiléo traverse une crise grave et profonde ». Il a qualifié la situation actuelle de « cul-de-sac » et a reconnu qu’il fallait « trouver une solution alternative ».
Par conséquent, M. Cercone a indiqué un réaménagement du calendrier de lancement de Galiléo « afin de valoriser au mieux les sommes investies ». La Commission a déjà élaboré les options futures à la demande du Conseil et en discutera avec le collège des commissaires le 16 mai.
Une lettre du commissaire Barrot aux ministres des transports de l’UE datée du 14 mars 2007 fait la liste des problèmes identifiés. Les membres n’ont pas constitué une entité juridique ni nommé un dirigeant permettant que le consortium s’exprime d’une seule voix, et se sont montrés incapables de présenter un contrat de concession final.
Selon M. Cercone, « aucun de ces points n’a été atteint à ce jour et par conséquent, nous considérons que le scénario actuel de mise en place de Galiléo ne pourra pas fonctionner comme nous le voulons ».
La Commission n’est pas prête à renoncer à Galiléo, par conséquent la « solution alternative » évidente du financement de la mise en orbite d’une trentaine de satellites d’ici 2012 s’appuiera probablement sur les contribubales européens, qui ne devaient originellement participer qu’à hauteur d’un tiers du projet, soit 3,6 milliards d’euros.