Gaz azéri : l'ITGI lutte pour rester dans la course

Sans la participation de l'Interconnecteur Turquie-Grèce-Italie (ITGI), aucun concurrent ne peut compléter la section en mer vers l'Italie, affirme le directeur exécutif de l'entreprise publique grecque DEPA. Ce projet a pour objectif d'acheminer du gaz azéri en Europe d'ici 2018.

EURACTIV.com
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Sans la participation de l'Interconnecteur Turquie-Grèce-Italie (ITGI), aucun concurrent ne peut compléter la section en mer vers l'Italie, affirme le directeur exécutif de l'entreprise publique grecque DEPA. Ce projet a pour objectif d'acheminer du gaz azéri en Europe d'ici 2018.

L'ITGI est plus qu'un projet d'approvisionnement, contrairement au gazoduc transadriatique (TAP) qui serait favorisé par l'Azerbaïdjan pour la section en mer vers l'Italie, a déclaré Harry Sachinis, le président et directeur exécutif de l'entreprise gazière publique grecque DEPA, lors d'un entretien accordé à EURACTIV.

M. Sachinis affirme que l'ITGI comprend deux interconnecteurs importants pour la sécurité de l'approvisionnement en Europe : l'IGB (Interconnecteur Grèce-Bulgarie), également connu sous le nom de Stara Zagora-Komotini, et l'IGI qui relie la Grèce et l'Italie.

La Bulgarie dépend uniquement de la Russie pour son approvisionnement en gaz et une interruption majeure en 2009 ainsi que les récentes vagues de froid ont montré la vulnérabilité du pays. L'interconnecteur IGB, qui pourrait être opérationnel en 2014, pourra acheminer du gaz de la mer Caspienne avant que le nouveau gisement azéri, Shah Deniz II, soit disponible. Ce gazoduc pourrait également transporter du gaz naturel liquéfié à partir du terminal de Revithoussa en Grèce.

Le terminal de l'IGI permettrait d'inverser les flux, ce qui, selon M. Sachinis, est encore plus important, en raison des interruptions possibles de l'approvisionnement lors des périodes de demandes inhabituellement fortes. Lorsque la vague de froid a frappé l'Europe cet hiver, la Turquie s'est révélée peu fiable lorsqu'elle a cessé de fournir du gaz à la Grèce, a expliqué le directeur de DEPA.

M. Sachinis a également insisté sur le fait que contrairement à l'ITGI, le TAP ne disposait pas des licences et des autorisations nécessaires pour pouvoir être prêt à temps, afin que les fonctionnaires azéris puissent rendre leur décision finale quant au projet qui sera choisi pour le transport du gaz de Shah Deniz II. Il a parlé de « retards potentiels » pour le TAP et laissé entendre que les deux projets pourraient combiner leurs atouts, sans toutefois entrer dans les détails.

M. Sachinis a insisté sur le fait que la décision de l'entreprise publique qui a le monopole du gaz en Azerbaïdjan, SOCAR, de donner sa préférence au TAP était provisoire. Selon lui, cette décision est largement due au fait que l'investisseur du TAP, Statoil, est un important actionnaire du gisement de Shah Deniz II.

Il a affirmé que les quatre concurrents pour Shah Deniz II, dont Nabucco et BP, étaient en plein coeur d'« un réel jeu, d'une réelle négociation ».

« Je pense que cette importante négociation arrive à son point culminant », a-t-il déclaré.

Interrogé quant à la privatisation prévue de DEPA, qui selon la presse aurait également poussé les autorités de Bakou à choisir le TAP, il a répondu que l'entreprise s'en sortait bien et qu'une vingtaine de « très bonnes entreprises » étaient intéressées.

A savoir si Gazprom tenterait de racheter DEPA, il a déclaré que l'entreprise qui a le monopole en Russie était libre de faire une offre.

« Mais je pense que ceux qui se montreront les plus intéressés par DEPA et qui y investiront le plus d'argent seront ceux qui y verront l'opportunité d'apporter du nouveau gaz sur le marché », a-t-il déclaré.

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