Giorgia Meloni en Éthiopie pour promouvoir son « plan Mattei »

Lors de sa visite en Éthiopie vendredi et samedi, la Première ministre Giorgia Meloni a présenté son « plan Mattei », qui met l’accent sur la coopération énergétique et la réduction des flux migratoires africains.

EURACTIV Italie
Ethiopia’s Prime Minister Abiy Ahmed Ali visits Rome
Mme Meloni est la première dirigeante d’un gouvernement occidental à se rendre en Éthiopie depuis le cessez-feu dans la région du Tigré, qui a miné le pays ces deux dernières années. [MASSIMO PERCOSSI/EPA-EFE]

Lors de sa visite en Éthiopie vendredi et samedi (14 et 15 avril), la Première ministre Giorgia Meloni a présenté son « plan Mattei », qui met l’accent sur la coopération énergétique et la réduction des flux migratoires africains.

Mme Meloni a été accueillie à Addis-Abeba par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali et a ensuite rencontré le président de l’Union africaine Moussa Faki Mahamat vendredi.

Samedi, le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a tenu une réunion trilatérale.

Les discussions ont porté sur la coopération entre l’Italie, l’Éthiopie et la Somalie, la stabilité dans la Corne de l’Afrique et la migration vers l’Europe.

« Nous nous en occupons, tout comme nous le faisons […] en Tunisie, de débloquer les financements » pour la région, a affirmé la Première ministre italienne Giorgia Meloni.

Mme Meloni est la première dirigeante d’un gouvernement occidental à se rendre en Éthiopie depuis le cessez-feu dans la région du Tigré, qui a miné le pays ces deux dernières années.

La Corne de l’Afrique « est cruciale et sensible pour nous », a déclaré Mme Meloni. Selon l’agence de presse Ansa, cette région accueille 823 000 réfugiés et 4,2 millions de personnes déplacées, notamment en raison de la sécheresse qui alimente les flux migratoires vers l’Europe.

Le gouvernement Meloni a l’intention de poursuivre le plan Mattei, dont on sait encore peu de choses.

Giorgia Meloni en parle depuis son entrée en fonction comme d’un « modèle vertueux de collaboration et de croissance » entre l’UE et les États africains, qui entend contrer le radicalisme islamiste, promouvoir la paix sociale et soutenir le développement économique en investissant dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie.

Les objectifs prioritaires de l’exécutif italien, en ce qui concerne les intérêts nationaux, sont doubles : devenir un hub énergétique pour l’Europe, en servant de plateforme en Méditerranée pour l’écoulement des matières premières, et freiner les flux migratoires qui, ces derniers mois, ont explosé.

« Je pense que le plan Mattei produit beaucoup plus que l’effort qu’il requiert pour l’intérêt national italien, pour l’intérêt européen, pour la stabilité d’un continent sur lequel nous n’avons peut-être pas fait assez ces dernières années », a-t-elle ajouté.

Depuis qu’elle est devenue Première ministre, Mme Meloni s’est rendue en Algérie et en Libye, toujours en compagnie du PDG d’Eni, Claudio Descalzi, avec qui elle a signé d’importants accords de collaboration dans le domaine du gaz.

Le plan Mattei sera présenté en détail lors du sommet intergouvernemental Italie-Afrique en octobre. « Nous y travaillons, en écoutant et en impliquant les pays africains », a déclaré Mme Meloni.

Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a récemment déclaré qu’un « plan Marshall » était nécessaire pour développer le continent africain, afin de « résoudre les problèmes liés au climat, à la guerre et à la faim » et freiner les vagues d’immigration vers l’UE.

M. Tajani a également prévenu l’Europe que si elle n’investissait pas, la Chine et la Russie interviendraient et « considéreraient l’Afrique comme un continent à coloniser, alors que nous la considérerions comme un continent ami ».