Giorgia Meloni se félicite de l'influence de l'Italie sur les garanties de sécurité pour l'Ukraine

Lors d'une allocution à Rimini, Giorgia Meloni a revendiqué le mérite d'avoir organisé des discussions sur les garanties de sécurité pour l'Ukraine et a critiqué les actions d'Israël à Gaza.

EURACTIV Italie
Italian Prime Minister Giorgia Meloni speaks to the press
La Première ministre italienne Giorgia Meloni s'adresse à la presse après sa rencontre avec le chancelier fédéral autrichien Christian Stocker, le 15 juillet 2025. [Marco Iacobucci/SOPA Images/LightRocket via Getty Images]

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a affirmé que l’Italie avait contribué à façonner les plans occidentaux de garanties de sécurité pour l’Ukraine, faisant de Rome un acteur clé dans les discussions occidentales plutôt qu’un spectateur.

Mercredi 27 août, à l’occasion du meeting de Rimini, un festival catholique de politique et de réflexion, Giorgia Meloni a expliqué qu’une percée diplomatique avait finalement été réalisée après trois ans d’impasse avec Moscou. Elle a remercié le président américain Donald Trump, la « résistance héroïque » de l’Ukraine et les efforts de l’UE et de l’Italie pour avoir provoqué cette opportunité.

Elle a insisté sur le fait que tout règlement devait être fondé sur des « garanties de sécurité solides pour Kiev » et a noté que la proposition de l’Italie, inspirée de la clause de défense mutuelle de l’article 5 de l’OTAN, était désormais sur la table. « Nous devrions en être fiers », a-t-elle clamé face à l’auditoire.

Ses remarques interviennent en plein débat sur un projet soutenu par les États-Unis visant à fournir à l’Ukraine des engagements de défense collective en dehors du cadre de l’OTAN. Donald Trump a récemment évoqué cette idée lors d’un appel avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens, reprenant ainsi une formule que Rome préconise depuis longtemps.

Selon Giorgia Meloni, le fait que Washington envisage de telles garanties prouve que la vision de l’Italie influence l’approche de l’Occident.

Lors de son allocution, la Première ministre italienne a également abordé le conflit à Gaza, en adoptant un ton nettement différent.

« Nous n’avons pas hésité une minute à soutenir le droit d’Israël à se défendre après le 7 octobre », a-t-elle rappelé. « Mais nous ne pouvons pas rester silencieux aujourd’hui, après une réaction qui a dépassé le principe de proportionnalité, faisant des victimes innocentes et affectant des communautés chrétiennes qui ont toujours été un facteur d’équilibre dans la région ».

Giorgia Meloni a prévenu que les actions d’Israël risquaient de compromettre les perspectives d’une solution à deux États et a condamné « l’assassinat inacceptable de civils » et « l’attaque contre la liberté de la presse ». Elle a réitéré l’appel de l’Italie à un cessez-le-feu et à la libération des otages par le Hamas, tout en soulignant le rôle de l’Italie en tant que principal pays non musulman dans la facilitation des évacuations médicales de Gaza. Il y a deux semaines, Giorgia Meloni a qualifié pour la première fois la situation à Gaza de génocide.

Ses propos s’inscrivent également dans le contexte d’une déclaration effectuée au début du mois par neuf pays européens, dont l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni, selon laquelle le plan d’occupation de Gaza par Israël « risque » d’avoir des conséquences juridiques en vertu du droit international — une position plus souple que la condamnation catégorique exprimée séparément par la France et le Canada.

(sn)