Giorgio Napolitano s'apprête à désigner un président du Conseil
Le chef de l'Etat italien a le choix entre plusieurs personnalités issues du Parti démocrate pour remplacer Pier Luigi Bersani, qui a démissionné. Il sera soutenu par une coalition gauche-droite, marquant ainsi le retour de Silvio Berlusconi aux affaires.
Le chef de l’Etat italien a le choix entre plusieurs personnalités issues du Parti démocrate pour remplacer Pier Luigi Bersani, qui a démissionné. Il sera soutenu par une coalition gauche-droite, marquant ainsi le retour de Silvio Berlusconi aux affaires.
Réelu le 20 avril à la tête de l’Italie, le président Giorgio Napolitano doit dévoiler, mercredi 24 avril, le nom de celui qui sera chargé de former le nouveau gouvernement italien.
Les élections générales de fin février n’ont pas dégagé de majorité claire. Depuis deux mois, les partis dits « de gouvernement » refusent de former une grande coalition autour du chef de file du centre gauche Pier Luigi Bersani, plongeant la Péninsule dans l’impasse politique.
Ce dernier a présenté, avec ses principaux conseillers, sa démission le samedi 20 avril.
Remplacer Pier Luigi Bersani
D’autres personnalités issues du Parti démocrate sont désormais en lice.
Giuliano Amato, 75 ans, qui fut deux fois à la tête du gouvernement en 1992-1993 et 2000-2001, fait figure de favori pour la présidence du Conseil.
Le vice-président Enrico Letta, vice-président sortant du même mouvement, est également pressenti.
Mais le nom du jeune maire de Florence Matteo Renzi, membre du Parti démocrate (PD, centre gauche) circule aussi depuis lundi. Il a été avancé par Matteo Orfini, l’un des dirigeants de son parti.
« Prêts à coopérer »
Le Peuple de la liberté mené par Silvio Berlusconi et le parti Choix citoyen de Mario Monti ont laissé entendre qu’ils n’étaient pas hostiles à sa nomination éventuelle.
« Du fait de la crise que traverse le pays, [nous avons besoin] d’un gouvernement fort, stable, à même de prendre des décisions importantes (…) », a déclaré Berlusconi après les rapides consultations du président.
« Il Cavaliere » plaide depuis les élections pour la formation d’un « governissimo » réunissant la gauche et la droite et pour un abandon des politiques d’austérité mises en place par Mario Monti, qui lui a succédé en novembre 2011.
La crise à gauche a profité à la droite de Silvio Berlusconi, qu’un sondage donne en tête des intentions de vote avec 8 points d’avance en cas de nouvelles élections.
Le mouvement 5 étoiles dans l’opposition
Le Mouvement 5 Etoiles (M5S) du contestataire Beppe Grillo, qui a remporté un quart des suffrages aux dernières législatives, a fait savoir qu’il siégerait dans l’opposition. Le parti de gauche SEL (Gauche, Ecologie, Liberté), jusqu’alors allié au PD, a pris la même décision.
La Ligue du Nord (extrême droite), alliée au PDL lors des dernières élections, a pour sa part annoncé qu’elle ne participerait pas à un gouvernement dirigé par Giuliano Amato ou par un « technicien » comme Mario Monti.
L’espoir de la formation rapide d’un gouvernement a rassuré les marchés financiers. Mardi 23 avril, le rendement des obligations d’Etat à 10 ans est passé sous les 4% et le « spread », écart de rendement avec les obligations allemandes, s’est encore réduit.