Grèce : Dora Bakoyannis rejoint Nouvelle démocratie
Hier en Grèce (21 mai), les dirigeants du parti conservateur Nouvelle démocratie ont annoncé qu'un petit groupe dissident dirigé par la ministre des affaires étrangères, Dora Bakoyannis, avait décidé de les rejoindre pour les élections du 17 juin. Il s'agira d'un scrutin crucial pour l'avenir du pays au sein de la zone euro.
Hier en Grèce (21 mai), les dirigeants du parti conservateur Nouvelle démocratie ont annoncé qu'un petit groupe dissident dirigé par la ministre des affaires étrangères, Dora Bakoyannis, avait décidé de les rejoindre pour les élections du 17 juin. Il s'agira d'un scrutin crucial pour l'avenir du pays au sein de la zone euro.
L'impasse politique dans laquelle se trouve la Grèce depuis les élections du 6 mai dernier et l'incapacité des partis à former un gouvernement de coalition ont forcé le pays à organiser de nouvelles élections, alors que la menace d'un effondrement économique se fait de plus en plus forte (voir « contexte »).
Le 6 mai, l'alliance libérale démocrate de Mme Bakoyannis a remporté 2,55 % des suffrages, un score inférieur aux 3 % nécessaires pour entrer au parlement.
Mme Bakoyannis est la fille de l'ancien homme politique grec Constantine Mitsotakis. En 2010, elle a dû quitter Nouvelle démocratie (ND), car elle soutenait les mesures d'austérités réclamées en échange de fonds de l'UE et du FMI, que Nouvelle démocratie rejetait à l'époque.
Mme Bakoyannis a donné à l'alliance démocrate une affiliation européenne libérale, alors que la ND est affiliée au Parti populaire européen. Seul un eurodéputé de l'Alliance démocrate siège au Parlement européen : Theodoros Skylakakis.
Entre 2006 et 2009, Mme Bakoyannis a exercé les fonctions de ministre des affaires étrangères, le poste le plus haut placé jamais occupé par une femme au sein du gouvernement grec. Avant cela, elle était maire de la ville d'Athènes (2003-2006) et fut là aussi la première femme à ce poste.
Lors des dernières élections, le parti ND pro-renflouement est arrivé en tête avec 18,9 % des voix contre 16,8 % pour le parti de gauche Syriza, qui a surfé sur la vague du mécontentement et promis de mettre un terme à la politique d'austérité qui selon lui enfonce le pays dans ses déboires économiques.
Les dirigeants européens estiment que si le prochain gouvernement grec rejette le renflouement, ils n'auront d'autre choix que de bloquer les financements, ce qui pousserait le pays vers une sortie de la zone euro.
Cette perspective a fait chuter la valeur de la monnaie unique la semaine dernière et porté atteinte aux obligations de l'Espagne et de l'Italie, les prochains pays sur la liste noire en cas d'effondrement de l'économie grecque.
« Je salue la décision de Mme Bakoyannis de suspendre les activités de son parti pour participer à l'effort commun », a déclaré le dirigeant de ND, Antonis Samaras.
« Nous appelons à la formation d'un front commun patriote pour rassembler les citoyens qui ne laisseront pas leur pays céder au populisme et courir à sa perte en risquant de faire faillite, de s'isoler et de sortir de l'Europe », a-t-il précisé.
Les derniers sondages donnent Syriza en tête face à ND, qui a pourtant récupéré une partie de son électorat.
En Grèce, le parti qui arrive en tête lors des élections remporte 50 sièges supplémentaires sur les 300 que compte le parlement.
« Nous défendrons l'avenir de notre pays et sa place au sein de l'UE. Notre objectif est de faire sortir le pays de la crise, mais de le maintenir dans l'Europe et la zone euro », a expliqué M. Samaras.