Grèce : l'Espagne convoque un sommet le 10 mai

Les dirigeants de la zone euro discutent de la possibilité de tenir un sommet spécial à Bruxelles le 10 mai pour activer le paquet d'aide destiné à la Grèce, a affirmé le 27 avril un porte-parole du gouvernement espagnol.

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Les dirigeants de la zone euro discutent de la possibilité de tenir un sommet spécial à Bruxelles le 10 mai pour activer le paquet d'aide destiné à la Grèce, a affirmé le 27 avril un porte-parole du gouvernement espagnol.

Des discussions sont menées au plus haut niveau. Le 10 mai est la première date disponible suivant le vote au parlement grec, qui doit se tenir le 6 ou le 7 mai, sur l'activation de l'aide, a déclaré ce porte-parole, dont le pays est à la tête de la présidence tournante de l'UE.

Les discussions étaient déjà en cours et n'ont rien à voir avec la baisse de la notation par les agences, a ajouté le porte-parole.

S'exprimant quelques heures plus tard, le président du Conseil de l'UE Herman Von Rompuy a déclaré mercredi que les négociations allaient de l'avant, qu'elles étaient bien engagées, et qu'il n'est pas question de restructurer la dette. Il s'exprimait lors d'une conférence de presse à Tokyo, où se tenait un sommet UE-Japon.

Il a confirmé qu'une rencontre des dirigeants de l'Eurogroupe se tiendrait autour du 10 mai.

La dette grecque "spéculative"

Mardi, l'agence de notation Standard and Poor's a rabaissé la note de la dette grecque, la faisant passer au statut "spéculatif". Elle a fait de même avec le Portugal, alors que les investisseurs s'inquiètent du fait que les pressions politiques puissent bloquer le plan de sauvetage de plusieurs milliards d'euros destiné à la Grèce.

Les marchés ne sont pas convaincus que les gouvernements auront la volonté politique de parvenir et de tenir un accord sur l'aide, en particulier en Allemagne où l'opinion publique s'oppose fermement à tout sauvetage de la Grèce et où le parti de la chancelière Angela Merkel risque de perdre une élection régionale prévue le 9 mai.

Le Portugal contaminé ?

Les craintes de voir les problèmes de dette de la Grèce se répandre à d'autres membres de la zone euro sont infondées, malgré une baisse de la note des crédits du Portugal mardi, a déclaré un membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne.

Les rendements sur deux ans au Portugal ont atteint 5,35 %, surpassant le taux de 5 % que l'UE prévoyait d'offrir pour l'aide à la Grèce.

Le coût d'assurance des dettes portugaises et grecques a également atteint un record, respectivement à 370 et 821 points de base, selon CMA Data Vision, contrôleur des CDS (credit default swap).

Mardi a également été un jour pivot sur le marché des actions, le CAC40 parisien perdant 39 milliards d'euros – l'équivalent de la taille de l'économie luxembourgeoise.

Si l'on se penche sur les fondamentaux économiques, notamment les situations relatives aux dettes, on voit qu'il y a une nette différence entre la Grèce et les autres pays de la zone euro, a déclaré Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, après une intervention à l'Université de Princeton. Donc, d'un point de vue économique, la contagion est infondée, a-t-il ajouté.

Cependant, les investisseurs s'inquiètent de voir la Grèce dans l'impossibilité de s'assurer cette aide financière à temps pour respecter la date limite du 19 mai convenue par les dirigeants de la zone euro pour le déboursement des fonds.

Manifestations de travailleurs à Athènes

Les travailleurs des transports publics grecs ont fait grève mardi pour protester contre les mesures de rigueur et les syndicats ont appelé à une grève nationale la semaine prochaine, rajoutant encore un peu plus de pression sur le gouvernement.

Des centaines de grévistes des transports publics ont marché dans Athènes au slogan de "Ne touchez pas nos salaires", alors que les bus, les trams et les métros n'ont pas fonctionné pendant six heures.

Plus tard, quelque 2 000 travailleurs des secteurs public et privé, des étudiants et des anarchistes ont manifesté devant le Parlement, brandissant des drapeaux rouges et des bannières où figuraient les mots d'ordre "Dans la rue!" et "Le FMI dehors!".

Les protestations contre les réductions budgétaires et les hausses d'impôt destinées à sortir la Grèce de la crise ont été jusqu'à présent limitées, mais les sondages montrent que la colère populaire ne cesse de grandir.

De nombreux Grecs craignent que le paquet d'aide ne conduise à davantage de rigueur.

Le fait que le gouvernement s'en remette au mécanisme de soutien du FMI signifie une attaque barbare contre les droits des travailleurs, a déclaré le syndicat du secteur public ADEDY. Nous autres travailleurs continueront et intensifieront notre lutte contre les mesures impopulaires du gouvernement, de l'UE et du FMI.

ADEDY et le syndicat parapluie du secteur privé GSEE, qui représentent ensemble environ 2,5 millions de personnes, soit la moitié de la force de travail grecque, ont annoncé une grève commune pour le 5 mai – leur troisième cette année contre les projets de réductions des déficits du gouvernement.

L'administration socialiste a d'ores et déjà provoqué des grèves et autres manifestations ces derniers mois en réduisant les salaires dans le secteur public et en augmentant les taxes, mais elle a promis de continuer à appliquer son programme.

Papandreou montre de la détermination

Je suis déterminé à faire tout ce qui est envisageable, lorsque cela est nécessaire, pour relever notre pays, a déclaré le premier ministre George Papandreou devant ses députés mardi.

C'est maintenant ou jamais – mais nous réussirons, a-t-il ajouté.

Un nouveau sondage d'opinion, le premier depuis que la Grèce a demandé que l'aide soit débloquée, indique que 61 % des Grecs s'opposent à la décision du gouvernement de demander l'aide de l'UE et du FMI.

Seuleent 31,9 % pensent que le gouvernement des socialistes du PASOK devrait se maintenir, quand 31 % préfèreraient un gouvernement d'union nationale entre le PASOK, Nouvelle démocratie (conservateur) et un parti d'extrême droite. 27 % n'aiment aucune de ces options et 10 % ne se prononcent pas.

Néanmoins, 50,8 % approuvent l'action de M. Papandreou en tant que premier ministre.

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV).