Grèce : les partis définissent leurs stratégies en vue du second tour des élections
Les partis politiques grecs préparent leur stratégie en vue du second tour des élections du 25 juin, alors que les potentielles alliances postélectorales provoquent déjà des tensions.
Les partis politiques grecs préparent leur stratégie en vue du second tour des élections du 25 juin, alors que les potentielles alliances postélectorales provoquent déjà des tensions.
Alors que, jeudi (26 mai), un gouvernement intérimaire a été nommé pour diriger le pays jusqu’au second tour des élections, tous les regards sont tournés vers le scrutin du 25 juin prochain et l’éventuelle formation d’un gouvernement à parti unique par Nouvelle Démocratie (Parti populaire européen, PPE).
Selon le système électoral mis en place cette année, les sièges au Parlement seront partagés en fonction du nombre de voix recueillies. Pour prétendre à ces sièges, un parti doit avoir obtenu au moins 3% des voix.
Au premier tour, Nouvelle Démocratie a triomphé, obtenant 40,8 % des voix. Il a été suivi de près par la Coalition de la gauche radicale-Alliance progressiste (Syriza, La Gauche), avec 20 % des voix, ainsi que par le Mouvement socialiste panhellénique-Mouvement pour le changement (Pasok, groupe des Socialistes & Démocrates), qui a obtenu 11,4 %.
Deux petits partis, un parti de gauche et un parti populiste de droite, n’ont pas atteint le seuil de 3 % pour passer au second tour.
À présent, Nouvelle Démocratie va chercher à conserver son score afin de pouvoir gouverner seul.
De son côté, Syriza cherche à récupérer un maximum des voix perdues par rapport à l’élection de 2019 pour réduire l’écart et rester le principal parti d’opposition.
Les socialistes du Pasok semblent pour leur part avoir ciblé Syriza et veulent récupérer plus de voix à gauche pour s’imposer comme le principal parti d’opposition.
Défaite sévère pour le Syriza
Le leader de Syriza, Alexis Tsipras, a déclaré jeudi aux membres de son parti qu’il n’était plus temps de se lamenter sur la défaite électorale et les a appelés à se lancer dans la bataille avec « sérieux et détermination ».
Trois jours avant les élections, Giorgos Katrougkalos, un responsable politique de Syriza, a annoncé lors d’une émission télévisée que si son parti formait un gouvernement, il prévoyait d’augmenter les cotisations sociales des travailleurs indépendants, ce qui a déclenché une vague de réactions.
M. Tsipras l’a immédiatement écarté de la course électorale, ses propos ne figurant pas dans le programme du parti, tandis que les raisons pour lesquelles il a fait une telle déclaration juste avant les élections restent un mystère.
Les enquêtes suggèrent que cette déclaration a considérablement affecté les résultats, étant donné que 54 % des indépendants ont voté pour Nouvelle Démocratie.
Le dirigeant de Syriza a affirmé que le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis souhaitait former un gouvernement à parti unique avec suffisamment de sièges pour modifier la constitution du pays.
« Si M. Mitsotákis, avec les 158 députés d’aujourd’hui, a donné toutes les ressources [fonds] de l’UE à ce jour à une poignée [d’entreprises] et mis sur écoute la moitié du système politique, imaginez ce qu’il fera s’il est plus puissant », a averti M. Tsipras, appelant toutes les forces démocratiques à mettre un terme à un tel scénario.
M. Tsipras a également critiqué les autres forces politiques progressistes pour avoir rejeté son appel préélectoral à unir leurs forces contre la droite, tout en précisant que l’ennemi n’était pas eux, mais la droite.
Les socialistes veulent devenir le principal parti d’opposition
Le Pasok veut récupérer des voix auprès des électeurs du Syriza en difficulté et s’imposer comme le principal parti d’opposition.
Dans une interview accordée à ANT1 TV, le leader du Pasok, Nikos Androulakis, a indiqué qu’il n’y avait aucune chance que son parti rejoigne un gouvernement de coalition avec Nouvelle Démocratie en cas d’impasse à l’issue du second tour.
Cependant, il a de nouveau attaqué Syriza, déclarant qu’il n’était pas « sain » que la principale opposition ait perdu avec une différence de 20 %.
« Cela n’est jamais arrivé auparavant […] M. Mitsotákis n’a pas tout bien fait. Il doit y avoir une opposition forte, un parti fort, progressiste, démocratique qui sera un parti d’opposition programmatique pour jouer un rôle pour la qualité de notre démocratie », a-t-il expliqué.
Plus tôt dans la journée, deux personnalités politiques du Pasok ont toutefois laissé la porte ouverte à une collaboration avec Nouvelle Démocratie en dernier recours.
Quelques jours avant le premier tour, l’eurodéputé du Parti social-démocrate allemand (SPD) Udo Bullmann a confié à EURACTIV qu’une collaboration entre le Pasok et Nouvelle Démocratie ne serait pas une bonne option pour le pays.
Nouvelle Démocratie, vainqueur incontestable du premier tour, cherche pour sa part à conserver son pourcentage élevé pour le prochain scrutin.
Cependant, les déclarations d’influents hommes politiques de centre-droit suggérant que le parti vise à obtenir 180 sièges sur les 300 que compte le Parlement afin de « changer la Constitution ». Ces commentaires n’ont pas plu à M. Mitsotákis, qui a demandé à ses membres d’éviter les commentaires arrogants.
Nouvelle Démocratie craint également que des partisans ne votent pas, car ils sont convaincus d’une nette victoire.
« Les bulletins de vote seront vides au second tour », a récemment affirmé M. Mitsotákis.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]