Guerre au Moyen-Orient : les dirigeants du Med9 à la recherche d'une désescalade

Les États du Sud de l’Union européenne (UE) se réunissent à Chypre ce vendredi 11 octobre pour discuter de la situation au Moyen-Orient, alors que les bombardements israéliens se poursuivent à Gaza et au Liban, et que Bruxelles redoute une nouvelle vague de réfugiés.

EURACTIV.com
Summit of the Southern Countries of the European Union (MED9) in Malta
« L’UE n’a pas encore montré la réponse qu’elle devrait avoir sur le conflit », a déclaré le porte-parole du gouvernement chypriote, Konstantinos Letympiotis, mercredi 9 octobre. [DOMENIC AQUILINA/EPA-EFE]

Les États du Sud de l’Union européenne (UE) se réunissent à Chypre ce vendredi 11 octobre pour discuter de la situation au Moyen-Orient, alors que les bombardements israéliens se poursuivent à Gaza et au Liban, et que Bruxelles redoute une nouvelle vague de réfugiés. 

Avant le sommet du Conseil européen qui se tiendra la semaine prochaine à Bruxelles, les dirigeants du Med9 (composé d’États de l’UE bordant la Méditerranée, tels que la France, l’Italie, la Grèce, l’Espagne, la Croatie, Malte, la Slovénie et Chypre, ainsi que le Portugal) tenteront de s’entendre sur des positions communes à Chypre, ce vendredi.

Cette réunion se tient alors que le conflit au Moyen-Orient menace d’embraser toute la région et que les Européens n’ont pas encore réussi à peser diplomatiquement sur les évènements.

Les discussions viseront à « construire une convergence européenne sur un cessez-le-feu » et à aborder la situation à Gaza, a expliqué un conseiller de l’Élysée avant le sommet.

« Ce sera aussi l’occasion de discuter de la manière dont l’UE peut se mobiliser davantage sur la Cisjordanie et sur la nécessité de renforcer l’Autorité palestinienne », estime encore la présidence française.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le roi Abdallah II de Jordanie devraient également être présents.

« L’UE n’a pas encore réagi comme elle le devrait », a de son côté souligné Konstantinos Letympiotis, le porte-parole du gouvernement chypriote, mercredi 9 octobre.

Les conclusions temporaires du sommet européen de la semaine prochaine, consultées par Euractiv, appellent toutes les parties au conflit à faire preuve de la plus grande retenue, à mettre fin aux hostilités et à se conformer pleinement au droit international.

Il est « nécessaire de réfléchir aux moyens de rendre un cessez-le-feu crédible et à quoi la situation pourrait ressembler au lendemain d’un [accord de] cessez-le-feu », continue le fonctionnaire de l’Élysée.

Les pourparlers du Med9 interviennent au lendemain du bombardement par les forces israéliennes de trois bases de casques bleus de l’ONU au Liban. « Nous condamnons cet acte inadmissible, que rien ne justifie », a écrit sur X le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

Les États de l’UE envisagent aussi une « coopération stratégique » avec les six pays du Golfe — le Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU) — lors d’un sommet qui devrait avoir lieu la semaine prochaine.

Un partenariat avec la Jordanie

Les dirigeants européens profiteront également des discussions à Chypre pour renforcer leurs liens avec la Jordanie, l’un des pays les plus stables de la région, dans le cadre de la promotion d’un « partenariat stratégique global ».

L’accord, dont les contours sont encore très flous, devrait comporter des chapitres sur le commerce, l’aide au développement et les migrations, en s’appuyant sur un accord de coopération datant de 1977.

La question des migrations devrait certainement dominer les discussions de vendredi, les États de l’UE craignant qu’une vague de réfugiés de Palestine et du Liban, ainsi que de Syrie, ne parvienne à entrer dans l’espace Schengen.

Ces dernières années, la Jordanie a joué un rôle clé dans l’accueil des réfugiés du Moyen-Orient. Plus de deux millions de Palestiniens et quelque 650 000 exilés syriens séjournent dans le pays, selon les données de la Commission européenne d’octobre 2023. Amman a reçu 900 millions d’euros en échange.

La migration « sera à l’ordre du jour [de la réunion avec le roi Abdallah II de Jordanie] car c’est une question importante pour plusieurs pays européens de ce côté de la Méditerranée, et l’afflux de réfugiés syriens suscite des inquiétudes, notamment à Chypre », a ajouté le fonctionnaire de l’Élysée.

Les ministres de l’Intérieur de l’UE ont également débattu jeudi 10 octobre à Luxembourg de la manière de rendre plus efficaces les retours des migrants en situation irrégulière sur le territoire européen.

Ils ont discuté de la création de « centres de retour » dans des pays tiers, une idée qui reste très controversée et pourrait ne pas être conforme au droit humanitaire international.

[Édité par Anna Martino et Laurent Geslin]