Guerre en Ukraine : la Pologne, les pays baltes et l’Irlande réclament des sanctions plus sévères
La Pologne, les pays baltes et l’Irlande devraient faire pression pour des mesures plus sévères contre la Russie alors que le bloc commence les consultations sur le prochain paquet de sanctions de l’Union européenne ce week-end.
La Pologne, les pays baltes et l’Irlande devraient faire pression pour des mesures plus sévères contre la Russie alors que l’Union commence les consultations sur le prochain paquet de sanctions de l’Union européenne ce week-end. C’est ce que révèle un document consulté par EURACTIV.
En réponse à la récente escalade russe dans le cadre de la guerre en Ukraine, les ministres des Affaires étrangères de l’Union, réunis en urgence tard dans la nuit à New York en début de semaine, ont convenu de commencer à préparer le prochain paquet de sanctions européennes à l’encontre de Moscou.
Les États les plus résolus à intensifier la pression sur Moscou ont fait circuler un document de synthèse en vue de l’adoption de mesures plus sévères.
Selon des responsables européens, les consultations entre les 27 États membres de l’UE, prévues pour le week-end prochain, devraient permettre de mettre en œuvre le plafonnement du prix du pétrole brut russe, d’allonger la liste des personnes visées par les sanctions et de prendre des mesures ciblant les technologies à double usage.
Les ambassadeurs de l’UE pourraient ensuite discuter dès la semaine prochaine d’une proposition de nouvelles sanctions, qui devrait être approuvée lors d’une réunion ordinaire des ministres des Affaires étrangères du bloc à la mi-octobre.
Nucléaire, diamants, logiciels, ports
Les mesures proposées par les plus farouches opposants à la Russie viseraient entre autres le nucléaire, les produits de luxe et les secteurs informatiques et technologiques russes, ainsi que l’exclusion de davantage de banques du système SWIFT, peut-on lire dans le document, consulté par EURACTIV.
Les cinq États veulent que Gazprombank, qui sert d’intermédiaire entre les clients de l’UE et l’entreprise publique Gazprom, soit finalement exclue du système SWIFT, un système qui permet les transactions financières.
Dans le domaine de l’énergie, les cinq États veulent faire pression pour interdire la coopération avec la Russie en matière d’énergie nucléaire.
Bien que le Parlement européen l’ait demandé dès le mois d’avril, l’influence de Rosatom, la société d’énergie nucléaire appartenant à Moscou, était auparavant ignorée par les États membres de l’UE.
En ce qui concerne l’interdiction des produits de luxe, les diamants de fabrication russe ont jusqu’à présent manqué à la liste des embargos, la Belgique ayant fait pression pour qu’ils n’y figurent pas.
Le département du Trésor américain estime que les diamants constituent l’une des dix principales exportations non énergétiques de la Russie, dont les recettes totales atteindront plus de 4,5 milliards de dollars en 2021.
D’autres mesures technologiques pourraient également viser les secteurs russes de l’informatique, de la cybersécurité et des logiciels, et limiter la disponibilité des services informatiques et autres vers la Russie.
Les États membres de l’UE les plus hostiles au Kremlin ont également déclaré qu’ils souhaitaient voir interdire l’utilisation des produits de Kaspersky Lab au sein de l’UE.
Au début de l’année, le gouvernement américain avait averti certaines entreprises américaines, au lendemain de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, que Moscou pourrait manipuler les logiciels conçus par la société russe de cybersécurité Kaspersky pour causer des dommages.
Kaspersky, l’un des fabricants de logiciels antivirus les plus populaires du secteur de la cybersécurité, dont le siège se situe à Moscou, a été fondé par Eugène Kaspersky, qui serait, selon les autorités américaines, un ancien officier du renseignement russe.
Le document propose également d’interdire aux entreprises européennes de fournir tout type de service d’assurance au gouvernement, aux agences et aux entreprises russes.
En outre, les cinq États membres devraient faire pression pour élargir le champ d’application de l’interdiction d’accès aux ports de l’UE à « tout navire appartenant à, loué, affrété ou exploité par une personne physique ou morale, une entité ou un organisme russe ou sous pavillon russe ».
Biélorussie
Au-delà de la Russie elle-même, on accuse de plus en plus Moscou d’utiliser la Biélorussie pour contourner les sanctions occidentales.
Le mois dernier, l’opposition biélorusse a demandé à l’Union européenne d’aligner les sanctions contre Moscou sur celles de Minsk.
L’UE a d’abord pris des sanctions contre Minsk en raison de sa campagne de répression musclée en 2020, tandis que la Biélorussie et la Russie ont été frappées par des sanctions après que Moscou a envoyé des dizaines de milliers de soldats en Ukraine le 24 février, à partir des territoires russe et biélorusse.
Les États membres hostiles à Moscou devraient faire pression pour que les sanctions de l’UE à l’encontre de la Russie se reflètent pleinement dans le régime de sanctions contre la Biélorussie.
En outre, celles-ci pourraient également inclure l’élargissement de l’interdiction des produits du tabac, des biens d’ameublement et de l’alcool.
La question de l’unanimité
Selon les diplomates européens, la Hongrie risque toutefois de constituer une fois de plus un obstacle aux négociations.
Le dernier cycle de négociations sur les sanctions, qui s’est déroulé en mai et au cours duquel un accord avait été trouvé sur le dernier grand train de sanctions, avait été marqué par des semaines de querelles avec une petite coalition d’États menée par la Hongrie, qui avait refusé d’accepter un embargo sur le pétrole russe.