Guerre en Ukraine : l’OTAN et l’UE sceptiques face au « plan de paix » de la Chine
La tentative de la Chine de jouer le rôle de pacificateur neutre dans la guerre en Ukraine a fait chou blanc ce vendredi (24 février), l’OTAN et l’UE semblant mettre en cause la crédibilité de Pékin en tant que médiateur.
La tentative de la Chine de jouer le rôle de pacificateur neutre dans la guerre en Ukraine a fait chou blanc ce vendredi (24 février), l’OTAN et l’UE semblant mettre en cause la crédibilité de Pékin en tant que médiateur.
Plus tôt dans la journée, le ministère chinois des Affaires étrangères a publié un « document de synthèse » en 12 points présentant le point de vue de la Chine sur la manière dont elle envisage la résolution de ce qu’elle appelle la « crise ukrainienne » — sans toutefois la qualifier de guerre.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que la tentative de la Chine de jouer le rôle de médiateur de paix ne peut être considérée comme neutre.
« Il ne s’agit pas d’un plan de paix, mais de principes qu’ils ont partagés. Il faut les considérer dans un contexte spécifique, et ce contexte est que la Chine a déjà pris parti en signant, par exemple, un accord de coopération liant “l’amitié sans limites” entre [la Chine et la Russie] juste avant l’invasion », a-t-elle déclaré.
« Nous examinerons donc ces principes, bien sûr, mais nous les examinerons en tenant compte du fait que la Chine a pris parti », a poursuivi Mme von der Leyen.
Interrogée sur le document de position de la Chine, la porte-parole de la politique étrangère de l’UE, Nabila Massrali, a confié aux journalistes à Bruxelles qu’il ne cherche pas à « savoir qui est l’agresseur et qui est la victime d’une guerre d’agression illégale et injustifiée ».
Mme Massrali a également qualifié le document chinois de « sélectif et insuffisant quant à ses implications pour la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine ».
« La position de la Chine s’appuie sur un accent mal placé sur les soi-disant “intérêts et préoccupations sécuritaires légitimes” des parties, impliquant ainsi une justification de l’invasion illégale de la Russie, et rendant flous les rôles de l’agresseur et de l’agressé. »
S’exprimant aux côtés de la Première ministre estonienne Kaja Kallas et de Mme von der Leyen à Tallinn, le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg s’est joint à cet élan de scepticisme à l’égard du texte chinois.
« La Chine n’est pas très crédible […] elle n’a pas été capable de condamner l’invasion illégale de l’Ukraine », a déclaré M. Stoltenberg face aux journalistes.
Le responsable de l’OTAN a lui aussi évoqué la signature par Pékin de l’accord d’« amitié » conclu avec le président russe Vladimir Poutine quelques jours seulement avant le début de l’invasion.
En outre, M. Stoltenberg a déclaré que l’Alliance suivrait de près les activités de la Chine, soulignant qu’il y a eu « des signes et des indications selon lesquels Pékin pourrait planifier et envisager de fournir une aide militaire à la Russie », bien que l’OTAN n’ait constaté « aucune livraison effective d’aide militaire ».
L’envoi par la Chine d’une aide militaire à Moscou serait une « très grosse erreur », a-t-il conclu.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]