Guerre en Ukraine : plus de 50 pays attendus à Malte pour le troisième cycle de négociations de paix
Les représentants de plus de 50 pays sont attendus à Malte ce week-end pour une troisième série de pourparlers de paix à huis clos soutenus par l’Ukraine, dans le cadre desquels Kiev cherche à obtenir un soutien en faveur de son projet pour une paix juste et durable.
Les représentants de plus de 50 pays sont attendus à Malte ce week-end pour une troisième série de pourparlers de paix à huis clos soutenus par l’Ukraine, dans le cadre desquels Kiev cherche à obtenir un soutien en faveur de son projet pour une paix juste et durable.
Les discussions de samedi et dimanche (28 et 29 octobre), auxquelles la Russie n’est pas conviée, réuniront des conseillers en sécurité nationale et des représentants de ministères des Affaires étrangères afin de discuter du plan en dix points du président ukrainien Volodymyr Zelensky en vue d’un éventuel accord de paix, alors que la guerre russe en Ukraine, en cours depuis bientôt 21 mois, semble loin de prendre fin.
Le plan de paix pour l’Ukraine de M. Zelensky prévoit le rétablissement de l’intégrité territoriale ukrainienne, le retrait des troupes russes, la protection de l’approvisionnement énergétique et en nourriture, la sécurité nucléaire et la libération de tous les prisonniers de guerre.
La réunion de Malte, qui fait suite à des rencontres similaires à Copenhague en juin et à Djeddah en août, a vu le nombre de pays participants passer de 15 à environ 43 et maintenant à plus de 50.
Au départ, quelque 80 délégations avaient été invitées, 66 d’entre elles devraient participer, selon deux personnes au fait de l’organisation des pourparlers.
Selon la liste des participants à la réunion de ce week-end, consultée par Euractiv, les pays du G7 et les pays européens, ainsi que le Qatar, l’Arabie Saoudite, l’Afrique du Sud, l’Inde et la Turquie, participeront en personne aux négociations, tandis que certains pays comme le Brésil, le Chili et la Thaïlande devraient s’y joindre virtuellement.
Un responsable de l’UE s’exprimant sous couvert d’anonymat a déclaré que la Chine, l’Égypte et les Émirats arabes unis ne seraient pas présents, contrairement à la réunion précédente, qui a eu lieu à Djeddah. L’Arménie, le Saint-Siège et le Mexique, entre autres, se sont ajoutés à la liste.
De plus en plus de participants
Bien que Pékin insiste sur le fait qu’elle est neutre dans ce conflit et refuse de critiquer l’invasion russe, elle est considérée par de nombreux observateurs comme cruciale pour ces efforts puisqu’elle est l’un des rares pays considérés comme ayant une certaine influence sur le président russe Vladimir Poutine.
« La tenue de cette réunion maintenant, avec une représentation mondiale croissante, prouve que le rétablissement d’une paix juste est important au-delà de l’Ukraine », a déclaré le responsable de l’UE, soulignant l’importance du moment choisi, compte tenu de l’escalade de la violence au Moyen-Orient.
Les responsables ukrainiens voient dans la liste croissante des participants, qui couvre tous les continents, un signe de soutien mondial au processus, et l’adhésion de ces pays, en particulier ceux du Sud, est largement considérée comme une condition essentielle à la tenue d’un sommet.
S’adressant à l’assemblée par vidéoconférence samedi (28 octobre), M. Zelensky a déclaré qu’il aspirait à un jour où l’histoire de l’humanité « ne serait que l’histoire de la paix », ce qui pourrait être garanti par le droit international et la Charte des Nations unies.
« Mais la Charte des Nations unies fonctionne-t-elle ? », a-t-il ensuite demandé.
« Ici, en Ukraine, au Moyen-Orient et dans les pays africains, la réponse à cette question se trouve dans les pleurs des mères qui enterrent leurs fils et leurs filles tués dans les guerres, et dans le désespoir des enfants rendus orphelins par les guerres. »
« Nous pouvons et devons donner une réponse différente. Le monde a vu trop de sang », a-t-il ajouté.
M. Zelensky a déclaré qu’il souhaitait organiser un sommet mondial pour la paix avant la fin de l’année, mais les responsables ukrainiens et occidentaux admettent que cela ne peut se faire qu’avec la certitude d’un soutien aussi large que possible.
La série de réunions officielles de haut niveau est considérée comme une plateforme permettant à l’Ukraine de présenter ses arguments directement aux pays qui sont restés largement neutres face à la guerre menée par la Russie, en particulier ceux du Sud.
Cependant le rassemblement de ce week-end devrait surtout permettre d’évaluer la capacité de Kiev et de l’Occident à obtenir un soutien large et constant, alors que la guerre entre Israël et le Hamas palestinien continue de faire la une des journaux, certains craignant qu’elle ne détourne l’attention de l’Ukraine.
Des responsables occidentaux ainsi que le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, ont déclaré qu’ils craignaient que les accusations selon lesquelles Bruxelles ferait « deux poids, deux mesures » avec la guerre en Ukraine et celle au Moyen-Orient ne se traduisent par une diminution des votes de soutien à l’Ukraine aux Nations unies.
Dans le cadre du même processus, Kiev vise également à créer des groupes de travail autour des principaux thèmes de la formule, mais ceux-ci n’ont jusqu’à présent pas eu beaucoup de succès, selon des personnes familières de la question.
Toutefois, la réunion de Malte pourrait être la première à parvenir à une déclaration commune des États et des institutions participants, ce qui permettrait d’obtenir un premier consensus international sur les principes qui sous-tendraient le futur processus. Pour rappel, les deux réunions précédentes se sont terminées sans déclaration finale.
Les discussions se concentreront sur cinq domaines clés : la sécurité alimentaire, la sécurité énergétique, la sécurité nucléaire, les questions humanitaires et le rétablissement de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, a déclaré cette semaine Andriy Yermak, chef du Bureau du président ukrainien.