Günther Oettinger : De réels engagements sont peu probables

2012 est une année d'élections en France, aux Etats-Unis et en Russie, mais l'énergie et les élections ne font pas bon ménage, car les politiques énergétiques sont relativement difficiles à aborder dans les débats électoraux, a déclaré aujourd'hui (6 mars) à Bruxelles le commissaire européen à l'énergie, Günther Oettinger.

EURACTIV.com
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2012 est une année d'élections en France, aux Etats-Unis et en Russie, mais l'énergie et les élections ne font pas bon ménage, car les politiques énergétiques sont relativement difficiles à aborder dans les débats électoraux, a déclaré aujourd'hui (6 mars) à Bruxelles le commissaire européen à l'énergie, Günther Oettinger.

Lors d'une conférence organisée par Carnegie Europe, M. Oettinger a reconnu que les prix de l'énergie et notamment le prix de vente au détail de l'essence, avaient atteint des niveaux record en Europe.

« Peu importe ce que nous faisons, l'énergie coûte de plus en plus cher et à l'échelle mondiale, les prix restent volatiles », a déploré le commissaire.

En Belgique, le litre de Sans Plomb 95 a atteint 1,74 euro, un prix sans précédent. En France, le président Nicolas Sarkozy, en pleine campagne électorale pour les présidentielles, a sévèrement critiqué la proposition de geler les prix de l'essence, formulée par son principal rival, le candidat socialiste François Hollande. Pour M. Sarkozy, cette proposition n'est qu'une « plaisanterie ». Il a souligné que ce prix était déterminé par «  un marché mondial à l'extérieur ».

Marine Le Pen, la candidate du Front national d'extrême droite, a quant à elle déclaré lors d'une émission télévisée hier (5 mars), qu'elle baisserait non seulement le prix du carburant si elle était élue, mais qu'elle réduirait aussi de 5% le prix du gaz, de l'électricité et des transports ferroviaires.

M. Oettinger a admis que les élections à venir en France et aux Etats-Unis, ainsi que les récentes élections en Russie, freinaient l'évolution des politiques énergétiques.

« Je ne pense pas que la politique énergétique soit au cœur des campagnes électorales. Nous devrions nous garder de prendre des décisions pour l'instant. Je pense que l'année prochaine, quel que soit le vainqueur des présidentielles américaines, nous serons en mesure de revenir à des relations normales dans le débat mondial sur le changement climatique. C'est pour l'instant impossible », a-t-il affirmé.

« Les républicains sont agressifs »

Qualifiant le Parti républicain américain d'« agressif », M. Oettinger a affirmé que Barack Obama devrait faire preuve de prudence lors du débat électoral actuel. Le mouvement politique populiste et conservateur américain, le Tea Party, ne voit quant à lui « aucune corrélation entre les émissions de CO2 et le changement climatique », a rappelé M. Oettinger, soulignant cette fracture profonde dans les relations entre l'UE et les Etats-Unis.

« Il n'y a aucune chance pour que de vrais engagements soient pris pour l'instant », a reconnu le commissaire. Il a cependant ajouté qu'il était convaincu que les citoyens pouvaient saisir l'intérêt d'une « européanisation » des politiques énergétiques. « Mais pas lors d'une campagne », a-t-il conclu.

Les « tests de résistance » menés sur les centrales nucléaires au lendemain de la catastrophe de Fukushima au Japon il y a un an ont servi de base à des discussions objectives sur l'énergie nucléaire. En France, cependant, ce débat ne sera lancé qu'en juin, après les élections, peu importe qui est élu, a-t-il déclaré. 

Contrairement à Nicolas Sarkozy qui soutient pleinement le secteur nucléaire français, M. Hollande souhaite réduire de moitié la consommation d'énergie nucléaire d'ici 2025.  Dans le pays natal de M. Oettinger, l'Allemagne, le gouvernement de coalition de la chancelière, Angela Merkel, a décidé en mai dernier de fermer la totalité des centrales nucléaires du pays d'ici 2022.