Henna Virkkunen plaide pour plus d’investissement et moins de bureaucratie dans les télécommunications de l’UE

Henna Virkkunen, vice-présidente désignée pour la Souveraineté technologique, la Sécurité et la Démocratie, a répondu aux questions des eurodéputés lors de son audition mardi 12 novembre en adoptant des positions favorables à l’investissement et à la simplification.

/ EURACTIV.com
Confirmation hearings of the EU commissioners-designate in Brussels
Lors de son audition, Henna Virkkunen s'est concentrée sur les questions persistantes concernant l’application du règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA) et les inquiétudes concernant la pression potentielle d’une future administration américaine sur la législation numérique de l’Union européenne (UE). [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Henna Virkkunen, la vice-présidente exécutive désignée pour la Souveraineté technologique, la Sécurité et la Démocratie, a répondu aux questions posées par les eurodéputés lors de son audition mardi 12 novembre en adoptant des positions favorables à l’investissement et à la simplification.

Lors de son audition, Henna Virkkunen s’est concentrée sur les questions persistantes concernant l’application du règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA) et les inquiétudes concernant la pression potentielle d’une future administration américaine sur la législation numérique de l’Union européenne (UE).

Elle a répondu avec assurance, même face aux remarques provocatrices des eurodéputés d’extrême droite, qui l’ont accusée d’avoir profité de son genre pour obtenir le poste ou qui ont prétendu que l’UE portait atteinte à la liberté d’expression.

Télécommunications

Abordant le règlement sur les infrastructures réseau (Digital Networks Act, DNA), Henna Virkkunen a expliqué que cette législation était une occasion de « réduire la bureaucratie et de faire de l’Europe un lieu attrayant pour les investissements » et de se préparer à la 6G, répondant aux questions de l’eurodéputée espagnole Pilar Del Castillo (Parti populaire européen).

Répondant à d’autres questions de l’eurodéputée danoise Sigrid Friis (Renew) et de la Finlandaise Eero Heinäluoma (Socialistes et Démocrates européens/S&D), elle a ajouté que le DNA « pourrait également » être une révision du Code des communications électroniques européen.

Le DNA, qui devrait être présenté en 2025, vise à accélérer le déploiement des réseaux à très haute capacité dans l’UE, selon la lettre de mission qu’Ursula von der Leyen a envoyée à la commissaire désignée par la Finlande.

« Je ne suis pas très satisfaite », a confié Henna Virkkunen, faisant référence à la mise en œuvre de la boîte à outils 5G par les États membres de l’UE. Elle a exprimé son souhait de voir les capitales exiger des opérateurs de téléphonie mobile qu’ils réduisent les risques liés à leur infrastructure en diminuant leur dépendance à l’égard des produits de fournisseurs à haut risque comme les Chinois Huawei et ZTE.

Elle a indiqué que la révision actuelle du règlement sur la cybersécurité pourrait être l’occasion de se concentrer sur la réduction des risques dans le secteur des télécommunications, étant donné que la boîte à outils de la 5G n’est pas contraignante.

En Finlande, pays d’origine d’Henna Virkkunen, la mise en œuvre de la boîte à outils 5G a pris du retard. Pourtant, le fournisseur finlandais Nokia pourrait très bien bénéficier d’une telle mesure contraignante à l’échelle de l’UE.

Intelligence artificielle et réduction de la bureaucratie

Henna Virkkunen a suggéré un éventuel « Quantum Act », ou règlement quantique, qu’elle a décrit comme visant à mettre en commun les chercheurs et les investissements des États membres de l’UE dans le domaine de la quantique. En décembre 2023, l’UE s’était fixé pour objectif de devenir un centre mondial dans ce domaine.

Au cours de son audition, la Finlandaise a fait référence à plusieurs reprises à l’annonce d’une loi européenne sur le développement de l’informatique cloud et de l’Intelligence artificielle (IA), sans toutefois donner de détails sur son contenu.

Réaffirmant la nécessité pour l’UE de « stimuler l’investissement dans l’IA », Henna Virkkunen a souligné sa satisfaction quant à l’initiative sur les usines d’Intelligence artificielle lancée en janvier, malgré les inquiétudes des experts qui estiment que la puissance de calcul de cette initiative est loin de rivaliser avec les autres grandes puissances.

Par ailleurs, elle s’est montrée plus ambitieuse en ce qui concerne le conseil de recherche sur l’IA, déclarant qu’il devrait « attirer des personnes du monde entier » et permettre « la mise en commun des ressources ».

Elle a également repris les thèmes de la « simplification » et de la « réduction de la bureaucratie ».

« Je demanderai à mes services de dresser la liste de toutes les obligations de déclaration qui incombent à nos industries et à nos PME et de voir comment ils peuvent réduire ces obligations », a-t-elle affirmé. Toutefois, cette tâche incombera également à son collègue Valdis Dombrovskis, commissaire désigné à l’Économie et à la Productivité, à la Mise en œuvre et à la Simplification.

Comme indiqué dans ses réponses écrites, elle a répété qu’elle s’engagerait à appliquer « rigoureusement et rapidement » les nouvelles législations numériques de l’UE, en particulier le règlement sur les services numériques (DSA) et le règlement sur les marchés numériques (Digital Markets Act, DMA).

Elon Musk et le DSA

Le DSA semble plus difficile à mettre en œuvre depuis l’élection, mardi 5 novembre, de Donald Trump en tant que 47e président des États-Unis. Henna Virkkunen a répondu à au moins cinq questions sur les difficultés de mise en œuvre à venir, alors que Donald Trump a promis de donner au propriétaire du réseau social X, Elon Musk, un poste au sein de son cabinet.

Elon Musk est connu pour ses prises de bec régulières avec les commissaires européens sur ses réseaux sociaux.

La responsable politique finlandaise n’a ni dévoilé ni expliqué comment elle compte résister à la pression future de l’administration américaine, mais a mentionné qu’à terme, la législation européenne prévoit des procédures d’infraction et des amendes en cas de non-respect.

La décision finale concernant Henna Virkkunen est attendue au plus tôt ce mercredi 13 novembre, certaines sources proches du processus suggérant qu’une décision sur sa confirmation, ainsi que celles de ses cinq collègues désignés aux vices-présidences, pourrait être prise en milieu de semaine prochaine.

[Édité par Anna Martino]