Il est temps d’accueillir la Croatie, la Bulgarie et la Roumanie dans l’espace Schengen
La Commission européenne a réitéré son appel aux gouvernements de l’UE pour qu’ils se prononcent en faveur de l’entrée de la Bulgarie, la Roumanie et la Croatie dans l’espace Schengen de libre circulation des personnes lors d’un vote en décembre.
La Commission européenne a réitéré son appel aux gouvernements de l’UE pour qu’ils se prononcent en faveur de l’entrée de la Bulgarie, la Roumanie et la Croatie dans l’espace Schengen de libre circulation des personnes lors d’un vote en décembre.
Durant une conférence de presse, mercredi (16 novembre), la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johannsson, a déclaré qu’à la suite de récentes enquêtes menées par des agences de l’UE, il était clair que « ces trois nations méritent de se sentir pleinement européennes ».
« Il est grand temps de leur souhaiter la bienvenue […] elles sont prêtes à nous rejoindre », a ajouté la commissaire tout en présentant un nouveau rapport indiquant que les trois pays remplissent les critères d’adhésion.
Parmi les autres États membres de l’UE, seules Chypre et l’Irlande — dont les situations aux frontières intérieures sont compliquées — ne font pas partie de cet espace de libre circulation.
En 2011, le statut Schengen de la Bulgarie et de la Roumanie a été soumis au vote des ministres des gouvernements nationaux, mais l’adhésion nécessite l’approbation unanime des États membres et a été bloquée par les gouvernements néerlandais et finlandais, ce qui a entraîné un retard de plus de dix ans dans le processus.
Alors que l’opposition de la Finlande semble s’être dissipée, le Parlement néerlandais a adopté le mois dernier une résolution exhortant le Premier ministre Mark Rutte à bloquer l’entrée de ces États, invoquant des préoccupations liées au crime organisé et à la corruption.
L’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie constituerait, selon les législateurs néerlandais, « un risque pour la sécurité des Pays-Bas et de l’ensemble de l’espace Schengen ».
La présidence tchèque prévoit d’inscrire la question à l’ordre du jour de la prochaine réunion des ministres de l’Intérieur du bloc — qui sera probablement la dernière sous sa présidence du pays — pour qu’une décision soit prise le 8 décembre. Les ministres devraient se prononcer par deux votes, un pour la Croatie et un autre pour la Bulgarie et la Roumanie.
« Ils ont attendu longtemps, trop longtemps, devrais-je dire. Les attentes sont élevées, à juste titre, de la part des autorités mais aussi des citoyens », a déclaré Mme Johannsson.
Le mois dernier, le Parlement européen a soutenu par 534 voix contre 53 une résolution en faveur de l’adhésion de la Croatie, tandis que les eurodéputés ont réitéré leurs appels en faveur de l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie, qualifiant le retard accusé dans le processus de « discriminatoire ».
Dans le but de répondre à toutes les questions des États membres, les deux pays ont invité une mission d’enquête le mois dernier afin d’évaluer leurs cadres juridiques et leur gestion des frontières ainsi que le partage des informations en matière de sécurité et l’efficacité de la coopération policière.
La Bulgarie et la Roumanie ont « solidement prouvé » qu’elles ont satisfait aux exigences de l’UE en matière de contrôle des frontières, a déclaré Mme Johannsson avant d’ajouter qu’une mission de l’UE était en cours pour évaluer le processus de délivrance des visas et la protection des données dans les deux pays.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]