Il est « trop tôt » pour dire quand la Suède rejoindra l’OTAN, selon le Premier ministre suédois

Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a déclaré lundi qu’il était trop tôt pour dire quand Stockholm et Helsinki pourraient rejoindre l’OTAN, la Turquie bloquant toujours le processus d’adhésion. Il espère cependant que cela se fera « dès que possible ».

Euractiv.com
EU Council President Charles Michel in Stockholm
La Suède a cherché à obtenir le feu vert de la Turquie pour rejoindre l’OTAN, pour laquelle elle a posé sa candidature à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie l’année dernière. [EPA-EFE/Henrik Montgomery]

Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a déclaré lundi (16 janvier) qu’il était trop tôt pour dire quand Stockholm et Helsinki pourraient rejoindre l’OTAN, la Turquie bloquant toujours le processus d’adhésion. Il espère cependant que cela se fera « dès que possible », et a désigné le sommet de l’OTAN de Vilnius, en juin, comme date de référence possible.

La Suède a cherché à obtenir le feu vert de la Turquie pour rejoindre l’OTAN, pour laquelle elle a posé sa candidature à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie l’année dernière. Ankara a demandé à plusieurs reprises à Stockholm d’adopter une position plus claire contre ce qu’elle considère être des groupes terroristes. Ceux-ci se composent essentiellement de militants kurdes et du groupe PKK qu’elle tient pour responsable d’une tentative de coup d’État en 2016.

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a réitéré lundi sa demande d’extradition de personnes par la Suède pour que la Turquie puisse accepter la candidature de la Suède et de la Finlande à l’OTAN, selon les médias d’État turcs, portant ce nombre de 73 à 130.

Cette hausse est intervenue après qu’une marionnette à l’effigie de M. Erdoğan a été retrouvée pendue devant l’hôtel de ville de Stockholm vendredi dernier (13 janvier). M. Kristersson avait alors condamné ce geste en le qualifiant de « sabotage » envers la candidature à l’OTAN de la Suède.

Au cours d’une visite officielle du président du Conseil européen Charles Michel à Stockholm lundi, le Premier ministre suédois a toutefois souligné que la Suède dispose d’une législation relative aux extraditions et qu’elle a l’intention de l’appliquer. Cela signifie que, quelles que soient les exigences de la Turquie, la Suède ne procédera pas à l’extradition de citoyens suédois, même si ceux-ci sont nouvellement naturalisés.

M. Kristersson a également affirmé que le maintien de l’unité entre les pays européens est essentiel et qu’« aucune autre tâche ne pourrait être plus importante que celle-ci pour la présidence suédoise. »

« Rester unis et éviter les divisions entre les pays européens et les États-Unis est essentiel, surtout face à la Russie qui veut nous voir divisés. L’unité est notre plus grand atout et, au cours de la présidence, nous continuerons à apporter notre soutien à la mission européenne d’assistance militaire pour épauler l’Ukraine », a déclaré M. Kristersson. Il a également qualifié la victoire de l’Ukraine d’« existentielle » pour l’UE.

M. Michel s’est rendu à Stockholm lundi, alors que la Suède assure la présidence du Conseil de l’UE jusqu’en juillet 2023. Les deux hommes ont évoqué les priorités de la présidence suédoise, qui peuvent se résumer à « rendre l’Europe plus sûre, plus verte et plus libre », a indiqué M. Kristersson.

« Ces trois mots-clés résument nos ambitions et nous avons beaucoup à faire ensemble ces six prochains mois », a conclu M. Kristersson.