Incendies en Espagne : 16 régions en « zones sinistrées », la crise politique se poursuit

Alors que les feux de forêt ravagent 16 régions espagnoles, le Premier ministre Pedro Sánchez recherche l'unité face aux accusations de moyens déployés tardivement et de mauvaise gestion, formulées par l'opposition.

EURACTIV.com
Congress Debates The Appearance Of Sanchez And Eight Ministers At The Request Of The Pp
Le Congrès des députés, le 26 août 2025 à Madrid. [Jesus Hellin/Europa Press via Getty Images]

Mardi 26 août, le Conseil des ministres espagnol a déclaré 16 des 17 régions autonomes du pays « zones sinistrées », alors que des incendies de forêt d’une ampleur inédite ont ravagé des centaines de milliers d’hectares et exacerbé les tensions politiques à Madrid.

Le ministère de l’Intérieur a confirmé que cette désignation s’appliquait sur l’ensemble du territoire espagnol, à l’exception du Pays basque. Le statut de « zones sinistrées » permet ainsi de débloquer des aides d’État pour les habitants, les entreprises, les conseils locaux et les communautés autonomes. Cette aide comprend l’indemnisation des dommages matériels au titre de la loi sur le système national de protection civile.

Plus d’une douzaine d’incendies sont toujours en cours, principalement à León, en Galice et à Zamora, et l’agence météorologique nationale continue de mettre en garde contre des niveaux de risque d’incendie « extrêmes ».

« Nous sommes confrontés à l’une des plus grandes catastrophes environnementales de ces dernières années », a affirmé le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, lors d’une conférence de presse organisée à l’issue de la réunion du Conseil des ministres.

On estime que 400 000 hectares ont été touchés par des incendies de forêt au cours des dernières semaines, les régions de Castille-et-León et de Galice étant les plus sévèrement touchées. Fernando Grande-Marlaska a établi un lien entre ces ravages et la vague de chaleur la plus intense qu’ait connue l’Espagne depuis 1975, avec des températures à la mi-août supérieures de 4,6 °C en moyenne à la normale.

Dans une interview accordée à la radio OndaCero, Virginia Barcones, directrice du système espagnol de protection civile, a expliqué que toutes les administrations devraient entamer une « réflexion profonde et honnête sur la manière de renforcer le système national de protection civile dans son ensemble » une fois les feux éteints.

En quête d’unité politique dans la lutte contre la crise, le Premier ministre Pedro Sánchez a présidé mardi la première commission interministérielle sur le changement climatique, exhortant l’opposition à contribuer à l’élaboration d’un pacte d’État pour faire face aux crises futures.

Toutefois, le Parti populaire (PP) de centre-droit, principale formation d’opposition en Espagne, s’y est opposé.

Dolors Montserrat, eurodéputée et poids lourd du parti, a qualifié le pacte de Pedro Sánchez d’« écran de fumée » pour éviter de rendre des comptes. Lundi, le chef du PP, Alberto Núñez Feijóo, a dévoilé un plan de lutte contre les incendies de forêt qui comprend un registre national des pyromanes, afin de contrer ce que le parti a qualifié de réponse « tardive » et « inefficace » à cette crise sans précédent.

La bataille politique s’est encore intensifiée la semaine dernière lorsque le sénat, contrôlé par le PP, a exigé que la ministre de la Défense, Margarita Robles, se présente devant les élus pour expliquer pourquoi l’armée n’avait pas été déployée plus tôt pour lutter contre les incendies. Margarita Robles doit se présenter mardi prochain devant les sénateurs, aux côtés des ministres de l’Énergie, de l’Intérieur et de l’Agriculture, qui seront également auditionnés dans les jours à venir.

Les forces de sécurité espagnoles ont jusqu’à présent arrêté 48 pyromanes présumés, et 134 autres font l’objet d’une enquête.

(sn)