Incertitude sur la révision du FESF
Les ministres de la zone euro ont décidé d'attendre les résultats d'une consultation du secteur avant de définir la manière dont ils renforceront le bras financier de leur fonds de sauvetage, le Fonds européen de stabilité financière (FESF). La décision finale sur la révision du FESF est attendue pour le 29 novembre.
Les ministres de la zone euro ont décidé d'attendre les résultats d'une consultation du secteur avant de définir la manière dont ils renforceront le bras financier de leur fonds de sauvetage, le Fonds européen de stabilité financière (FESF). La décision finale sur la révision du FESF est attendue pour le 29 novembre.
Les ministres des finances de la zone euro se sont réunis hier (7 novembre) pour trouver un moyen d'augmenter la capacité du FESF à 1000 milliards, alors que les troubles politiques de la Grèce et la flambée des coûts d'emprunts en Italie continuent d'ébranler les marchés financiers.
Mais avant que les membres de la zone euro s'accordent sur ce point, les investisseurs et les agences de notation, entre autres, devront se prononcer sur les différentes options envisagées pour le renforcement du FESF et s'assurer que la zone euro parvienne à une solution solide pour les marchés.
La description détaillée de ces deux options de renforcement du FESF est incluse dans un document de consultation consulté par EURACTIV.
« Lors de sa prochaine réunion, l'Eurogroupe établira les termes et conditions de la [révision du FESF]. Par la suite, nous souhaitons que les aspects opérationnel et juridique soient réglés d'ici la fin du mois de novembre, et la mise en œuvre effectuée en décembre », a déclaré le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker après la réunion d'hier.
À la suite du sommet des 27 dirigeants européens les 26 et 27 octobre derniers, lors duquel de nombreux points ont été abordés, les marchés ont mal réagi aux deux options envisagées par la zone euro pour augmenter la capacité du FESF des 250 milliards d'euros restants à plus de 1000 milliards d'euros.
« Un fonds de co-investissement »
Le sommet a présenté deux options pour renforcer le FESF : une garantie à hauteur de 30 % pour les dettes souveraines en difficulté, ou un véhicule d'investissement destiné à racheter la dette et à financer la recapitalisation des banques.
Selon un diplomate, ces deux programmes représentent un compromis entre la réticence de l'Allemagne à participer davantage au fonds de sauvetage, et la crainte de la France que la dépréciation de la dette souveraine grecque menace sa notation triple A.
Toutefois, en amont de cette réunion, la zone euro n'avait pas consulté les acteurs du marché pour savoir si ces programmes calmeraient l'inquiétude des investisseurs, a ajouté ce diplomate.
« Ces propositions ont été rédigées par des personnes très intelligentes, mais elles étaient loin d'être réglées comme du papier à musique », a déclaré une source diplomatique, en critiquant l'absence d'études de marché élaborées par des technocrates œuvrant pour les trésoreries de pays tels que l'Allemagne et la France dans ces propositions.
Le véhicule d'investissement dont il est question, anciennement appelé « véhicule à usage spécial », puis rebaptisé « fonds de co-investissement », est destiné à attirer les investisseurs chinois, brésiliens ou du Moyen-Orient. Ces pays n'ont pour l'instant montré aucun signe d'intérêt quant à des investissements possibles.
Suite à la réunion d'hier, Klaus Regling, qui gère le FESF, a affirmé que même si les deux options étaient toujours sur la table, il était possible qu'aucune des deux ne survive à la réunion des ministres des finances de la zone euro prévue le 29 novembre pour finaliser le programme.
« Bien que les deux options ne soient pas, en principe, mutuellement exclusives, la décision portant sur laquelle des options 1 et 2 représentera la meilleure utilisation du FESF ne pourra être évaluée qu'après un dialogue plus poussé avec les investisseurs potentiels et les agences de notation – et l'issue de ce dialogue pourrait varier en fonction des Etats membres pris en compte », peut-on lire dans le document de consultation.
L'incertitude quant à l'avenir du FESF modifié a affecté la confiance des investisseurs dans le fonds de sauvetage européen. Les investisseurs se sont en effet montrés frileux lundi lors de l'émission de 3 milliards d'euros d'obligations.
Un assouplissement quantitatif
Dans le même temps, l'Allemagne continue d'exclure la possibilité d'autoriser la Banque centrale européenne (BCE) à tout simplement émettre de la monnaie pour augmenter la capacité le FESF. Cette option est pourtant soutenue par les marchés, les créditeurs internationaux et certains pays comme l'Espagne, la France et l'Italie.
Etant le plus grand contributeur financier de la BCE, l'Allemagne porterait le plus lourd fardeau d'un tel assouplissement quantitatif.
Selon certaines sources, les États-Unis et la Russie auraient marqué leur préférence pour l'implication de la Banque centrale dans le FESF, lors du sommet du G20 à Cannes la semaine dernière. Les deux pays ont depuis prononcé des déclarations allant dans ce sens.
« La participation de la Banque [centrale] européenne dans le renforcement du FESF serait la bienvenue, dans le contexte actuel », a déclaré hier à la presse le premier ministre russe, Vladimir Poutine, à Saint-Pétersbourg.