Indicateurs économiques : les options discutées par le G20

Christine Lagarde et ses homologue du G20 sont réunis à Paris, vendredi 18 et samedi 19 février. L’un des sujets à l’ordre du jour : les indicateurs macro-économiques, censés mesurer les déséquilibres mondiaux. EURACTIV.fr fait le point sur les différents indices envisagés.

EURACTIV.fr
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Christine Lagarde et ses homologue du G20 sont réunis à Paris, vendredi 18 et samedi 19 février. L’un des sujets à l’ordre du jour : les indicateurs macro-économiques, censés mesurer les déséquilibres mondiaux. EURACTIV.fr fait le point sur les différents indices envisagés.

   Mesurer le solde courant. Cet indicateur a deux objectifs : limiter les déficits, mais aussi les excédents trop importants. D’un côté, les États-Unis, les pays du sud de l’Europe seraient ainsi contraints de réduire des déficits, dont l’aggravation entraîne des crises de changes. A l’inverse, la Chine, l’Allemagne et les pays scandinaves devraient limiter leurs excédents, qui forcent leurs partenaires à avoir des déficits. «Evidemment, ce n’est pas simple», juge l’économiste à l’OFCE Henri Sterdyniak. «Les pays excédentaires affirment qu’ils ne sont pas responsables de la situation économique difficile des États en déficit», dit-il. L’Allemagne s’oppose par exemple avec vigueur à tout indicateur chiffré de nature à limiter ses excédents, qui devraient s’élever, en 2011, à 6% du PIB. 

2.jpg  Le taux de change. Ce second indice, fortement lié à celui sur le solde, doit forcer les pays à relever leurs niveaux de change, lorsqu’ils sont trop bas. «En effet, des taux de change trop bas entraînent des taux de compétitivité excessifs», précise Henri Sterdyniak. C’est la Chine qui est particulièrement visée. Elle est régulièrement accusée de sous-évaluer sa monnaie.

3.jpg   La réserve de change. L’objectif est d’empêcher les États d’accumuler de trop importantes réserves, qui contribuent à la liquidité des marchés internationaux. «Pour réduire ces réserves, les États peuvent réduire leurs excédents, ou bien utiliser ces fonds pour investir à l’étranger», explique M. Sterdyniak. La Chine, les pays arabes et la Russie sont particulièment concernés par cet indice.

4.jpg  Les déficits et la dette publique. Il s’agit d’empêcher les États d’être confronté à une dette publique trop importante ou à des déficits trop élevés, comme est censé le faire le pacte de stabilité et de croissance, en vigueur dans la zone euro. «On risque de propager à l’échelle mondiale les problèmes que l’on a connu avec le pacte de stabilité, qui a été un échec cuisant. Mais, sous la pression allemande, l’Europe insiste pour mettre en place ce critère», pronostique l’économiste de l’OFCE.

5.jpg  Le taux d’épargne privée. Ce dernier indicateur vise à empêcher les pays à avoir un taux d’épargne trop fort, en les encourageant, par exemple, à relever les salaires ou les revenus sociaux. La Chine serait par exemple concernée. Mais les pays anglo-saxons et du sud de l’Europe pourraient aussi être concernés, selon Henri Sterdyniak, à cause de leur «taux d’épargne privée ridiculeusement faible».

«La plupart de ces indicateurs convergent pour dire qu’il faut mettre en place une stratégie en deux volets : d’un côté, la Chine et les pays asiatiques doivent distribuer plus de revenus et laisser leur taux de change s’apprécier; et de l’autre, les pays anglo-saxons et du sud de l’Europe doivent être un peu plus austères», résume l’économiste de l’OFCE. 

Si la mise en place de tels indices est indispensable, sous peine d’aller «à la catastrophe», selon Henri Sterdyniak, les discussions s’annoncent tendues. «On va critiquer 40% des pays parce qu’ils sont trop vertueux, et 40% des pays parce qu’ils sont trop dépensiers», juge-t-il.