Industrie verte : l’Europe doit « revenir sur des dogmes obsolètes », affirme Bruno Le Maire
« Il faut changer la politique européenne et changer les dogmes européens. Nous devons favoriser les produits industriels à contenus européens », a déclaré mercredi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire face à des journalistes.
« Il faut changer la politique européenne et changer les dogmes européens. Nous devons favoriser les produits industriels à contenus européens », a déclaré mercredi (27 septembre) le ministre de l’Economie Bruno Le Maire face à des journalistes, affirmant vouloir faire de ce sujet son « combat politique » en amont des élections européennes.
« Est-ce que vous imaginez une seconde qu’il viendrait à l’esprit du gouvernement chinois d’accorder des aides à un produit industriel qui n’aurait pas de contenu chinois ? » a lancé le ministre lors d’une conférence de presse sur le projet de loi de finances 2024.
Sept milliards d’euros supplémentaires ont été ajoutés au budget 2024 spécifiquement pour l’action climatique du gouvernement. Parmi les nombreuses mesures se trouve la refonte du « bonus écologique », une enveloppe de 5 000 euros dont pourraient bénéficier les acheteurs de voitures électriques en France.
En revanche, ne seront éligibles à ce bonus que les voitures dont l’empreinte carbone est la plus basse : « Est-ce que le véhicule électrique a fait 100 kilomètres entre son lieu de production et le concessionnaire ou 8,000 ? » s’est exclamé M. Le Maire
« Nous allons être le premier Etat en Europe, sur ma proposition, à réserver ce bonus […] à des véhicules qui respectent les meilleures normes environnementales », s’est-il félicité, appelant à une refonte de la politique industrielle européenne : « Il n’y a qu’en Europe qu’on continue à penser qu’on peut déverser de l’argent public aussi bien dans les usines européennes que dans les usines chinoises ou […] américaines. Moi, je dis stop ! ».
La France s’est érigée en grande défenseuse d’une stratégie industrielle européenne ambitieuse, dans un souci de souveraineté économique – et fort de trente ans de désindustrialisation dans l’Hexagone.
Mi-septembre, M. Le Maire se rendait à Berlin pour convaincre ses homologues Robert Habeck et Christian Lindner d’œuvrer en faveur d’une stratégie industrielle plus « ambitieuse » pour faire face tant aux investissements massifs américains qu’aux aides d’Etat chinoises.
La France s’est aussi réjouie de la décision par la Commission européenne d’ouvrir une enquête anti-subventions sur les véhicules électriques en provenance de Chine, alors que les parts de marché des voitures chinoises en Europe devraient passer de 8 à 15 % d’ici 2025.
« Il faut que l’UE puisse riposter », avait alors déclaré M. Le Maire, ajoutant que « l’Union doit montrer qu’elle est déterminée à protéger ses intérêts ».
« Favorisons l’industrie européenne à un moment où il faut réindustrialiser le continent européen. [Battons-nous] pour garder nos usines, nos ouvriers, nos compétences, nos technologies et nos savoir-faire », a-t-il conclu mercredi.