Influence européenne sur la présidentielle française

Le 12 juillet, les militants écologistes ont adoubé l’eurodéputée Eva Joly candidate à la présidentielle de 2012. Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, tous deux également députés européens, sont aussi entrés dans la course à l’Elysée.

EURACTIV.fr
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Le 12 juillet, les militants écologistes ont adoubé l’eurodéputée Eva Joly candidate à la présidentielle de 2012. Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, tous deux également députés européens, sont aussi entrés dans la course à l’Elysée.

C’est maintenant officiel. Eva Joly sera la candidate d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) à l’élection présidentielle française.

Ancienne juge d’instruction, sa carrière politique a réellement commencé en 2009 lorsqu’elle a été élue au Parlement européen. Elle occupe le poste de présidente de la commission du Développement.

Aujourd’hui, la question de la compatibilité d’un emploi du temps de députée européenne et d’une campagne présidentielle se pose. Selon les informations d’EURACTIV.fr, aucune décision n’a encore été prise.

Le groupe écologiste du Parlement européen nous l’a confirmé via son compte Twitter  : 

 

Qu’en est-il de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon eux aussi candidats à la présidentielle et membres du Parlement européen ?

En campagne permanente

Pour la première, « rien n’est prévu », a déclaré à EURACTIV.fr son chef de cabinet Bruno Bilde. « En tant que présidente du Front national, elle est en campagne permanente. La campagne présidentielle ne change rien. »

Selon le site votewatch.eu, qui analyse la présence et les votes des députés, depuis 2009, elle a assisté à 64,6% des sessions plénières à Strasbourg.

Toutefois, la plus grosse partie du travail parlementaire est réalisée lors des « semaines de commissions » à Bruxelles, au cours desquelles des groupes réduits de députés débattent des futurs textes législatifs ou négocient avec les États.

« Sa présence à ces réunions est moindre, car Marine Le Pen est un personnage politique de premier plan en France. Elle ne peut pas être une fonctionnaire améliorée comme les redoutables députés allemands, » nous a expliqué l’assistant de la présidente du Front national sur les questions européennes Ludovic de Dannes. « Nous avons mis en place un système de suivi et d’alerte. Elle est toujours au courant des choses les plus importantes qui lui sont relatées à 100% par ses collaborateurs. En particulier tout ce qui aura des conséquences pour la France comme les problèmes de subsidiarité ou les questions monétaires. »

Membre de la commission du Commerce extérieur, l’ensemble de son activité parlementaire est disponible sur sa fiche du Parlement européen. En deux ans, elle est intervenue dix neuf fois en plénière et à posé deux questions.

Marine Le Pen pourrait aussi être candidate aux législatives qui suivront l’élection présidentielle. 

Silence radio du Parti de Gauche

Malgré les tentatives répétées d’EURACTIV.fr, le président du Parti de Gauche Jean-Luc Mélenchon, lui aussi membre du Parlement européen depuis juin 2009, tout comme son entourage, sont restés injoignables. 

Dernièrement, le quotidien Libération a relevé que le candidat du Front de Gauche avait lancé une nouvelle version de son blog, spécialement dédié à son travail d’eurodéputé pour montrer qu’il « bosse ». L’élu veut couper court à certaines rumeurs affirmant le contraire. 

Toujours selon le site votewatch.eu, son taux de présence aux séances de vote à Strasbourg est de 65,5%. Il «évite de se rendre au Parlement le lundi» car «les débats sont inexistants» et il «assume […] d’avoir fait le choix, l’automne dernier, d’être présent dans la rue aux côtés des salariés en lutte pour les retraites», écrivait-il sur son blog dernièrement. 

Vice-président de la commission des Affaires étrangères, il n’a encore rédigé aucun rapport, posé 19 questions parlementaires, co-signé 13 propositions de résolutions et est intervenu 249 fois lors des débats. Il n’est fait mention nulle part d’une éventuelle démission de son poste de député européen. 

Le règlement intérieur de l’institution ne prévoit pas ce cas de figure. Les élus sont donc entièrement libres de cumuler leur fonction d’élu avec le statut de candidat à l’élection présidentielle.