Ingérence étrangère : le Parlement européen veut une enquête sur les liens présumés entre la Catalogne et la Russie
Un rapport adopté par la commission sur l’ingérence étrangère du Parlement européen insiste sur la nécessité d’enquêter sur les liens présumés entre le mouvement séparatiste catalan et la Russie, alors que le gouvernement catalan rejette ces liens.
Un rapport adopté par la commission du Parlement européen sur les ingérences étrangères insiste sur la nécessité d’enquêter sur les liens présumés entre le mouvement séparatiste catalan et la Russie, alors que le gouvernement catalan rejette ces liens et accueille favorablement toute enquête, affirmant qu’il n’a rien à cacher.
Le rapport, qui sera voté lors de la session plénière de mai, met l’accent sur l’ingérence de la Russie dans les pays de l’UE et sur les menaces technologiques qui pèsent sur les processus démocratiques.
Le rapport comprend également un amendement de compromis déposé par le Parti populaire européen (PPE), le Parti social-démocrate (S&D) et Renew Europe, selon lequel le Parlement « exprime sa préoccupation » face à « l’ingérence à grande échelle de la Russie dans les mouvements séparatistes dans les territoires européens ».
L’amendement ne mentionne pas de territoire spécifique, hormis la Catalogne, et appelle « les autorités compétentes à mener une enquête approfondie afin de faire toute la lumière sur ce qui s’est passé ». Plus précisément, il « demande au Centre européen d’excellence pour la lutte contre les menaces hybrides situé à Helsinki de réaliser une étude ».
Ces deux dernières années, le Parlement a insisté pour enquêter sur les liens possibles entre l’ancien président catalan et l’actuel eurodéputé indépendant Carles Puigdemont du parti Ensemble pour la Catalogne (Junts per Catalunya) et des responsables russes, avancés tout d’abord par le New York Times, rapporte l’EuroEFE.
« Le gouvernement catalan n’a ni n’a eu aucune relation avec la Russie ni avec des personnes liées au gouvernement russe, et il respectera toujours les décisions prises légitimement par les institutions européennes », a déclaré à EURACTIV la ministre catalane des Affaires étrangères, Meritxell Serret, qui a accueilli favorablement toute enquête à venir.
Le gouvernement considère également que cet amendement « vise à détourner l’attention du scandale des logiciels espions contre 65 indépendantistes catalans », a ajouté Mme Serret.
« Nous rejetons ce texte, qui a l’intention évidente de discréditer non seulement le mouvement indépendantiste catalan, mais aussi tous les mouvements d’autodétermination en Europe. Le lien avec la Russie est la nouvelle manière d’alimenter les préjugés contre une option politique légitime », a déclaré à EURACTIV l’eurodéputé catalan des Verts/ALE Jordi Solé (Gauche républicaine de Catalogne, Esquerra Republicana de Catalunya).
Les eurodéputés catalans indépendants Carles Puigdemont, Antoni Comín et Clara Ponsatí (Junts per Catalunya) ont refusé de commenter.