Interdiction des importations ukrainiennes : Kiev poursuit la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie devant l’OMC
L’Ukraine a intenté une action devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie à la suite de leur décision d’imposer unilatéralement une interdiction sur les produits agricoles ukrainiens.
L’Ukraine a intenté une action devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie à la suite de leur décision d’imposer unilatéralement une interdiction sur les produits agricoles ukrainiens.
Cette mesure fait suite à la décision de Varsovie, Bratislava et Budapest d’imposer unilatéralement des restrictions sur les importations de céréales ukrainiennes vendredi (15 septembre), après que la Commission européenne a décidé de ne pas prolonger son interdiction temporaire sur les importations dans les cinq pays voisins de l’Ukraine.
L’interdiction de l’UE, qui concernait le blé, le maïs, le colza et les graines de tournesol, avait été mise en place pour apaiser les pays voisins de l’Ukraine confrontés à un afflux de produits agricoles ukrainiens. Cet afflux, qui a mis les agriculteurs locaux sous pression en faisant baisser les prix, a conduit les pays à imposer unilatéralement leurs propres restrictions commerciales en avril dernier.
Pour l’Ukraine, ces décisions unilatérales « inacceptables » prises par trois États membres de l’UE constituent une « violation des obligations internationales », selon un communiqué du ministère ukrainien de l’Économie publié lundi (18 septembre).
« Tous les États membres de l’Union devraient coordonner leur politique commerciale et se mettre d’accord sur celle-ci, car elle relève de la compétence exclusive de l’UE », peut-on lire dans le communiqué.
« C’est pourquoi nous intentons des procès contre eux auprès de l’OMC », a déclaré Yuliya Svyridenko, vice-première ministre et ministre de l’Économie. Et d’ajouter que, dans le même temps, l’Ukraine « espère que ces États lèveront leurs restrictions et que nous n’aurons pas à clarifier la relation devant les tribunaux pendant longtemps ».
Selon Mme Svyridenko, l’interdiction a laissé des traces dans le secteur agricole ukrainien.
« Les exportateurs nationaux ont déjà subi et continuent de subir des pertes importantes en raison des temps d’arrêt, des coûts supplémentaires et de l’impossibilité de respecter les accords économiques avec l’étranger », peut-on lire dans la déclaration.
« Nous avons besoin de solidarité avec eux et de protéger les intérêts des agriculteurs », souligne le communiqué, qui ajoute que les mesures prises par l’Ukraine et la pression exercée par la Commission européenne et d’autres États membres « contribueront à rétablir un commerce normal entre l’Ukraine et les pays voisins, et à faire preuve de solidarité entre nous ».
Effondrement de la plateforme de coordination ?
Cette nouvelle intervient alors que l’agence de presse polonaise (PAP) rapporte que la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie se sont retirées de la plateforme de coordination commune. Cette plateforme réunissait les pays de l’UE voisins de l’Ukraine ainsi que des représentants de la Commission européenne et de l’Ukraine pour discuter de la question de l’interdiction au cours des derniers mois.
Bien qu’il n’ait pas confirmé les rumeurs, le ministre polonais de l’Agriculture, Robert Telus, s’adressant aux journalistes lors de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE lundi, a suggéré qu’il pourrait être « dangereux » de continuer à participer à la plateforme en raison des craintes de poursuites judiciaires.
« Si nous sommes sur cette plateforme et si la partie ukrainienne dit qu’elle veut nous citer à comparaître devant l’OMC, alors toute déclaration que nous faisons sur cette plateforme peut être utilisée contre nous », a-t-il déclaré, ajoutant que tant que l’Ukraine ne reviendrait pas sur sa menace de porter l’affaire devant l’OMC, il serait « dangereux pour nous de continuer à participer à cette plateforme ».